Planète
En Bourgogne, les escargots grillent sous la canicule et une filière doute de son avenir
Des étés toujours plus chauds et plus secs font mourir les escargots d’élevage en Bourgogne. Les éleveurs comptent leurs pertes et se demandent s’ils…


Des étés toujours plus chauds et plus secs font mourir les escargots d’élevage en Bourgogne. Les éleveurs comptent leurs pertes et se demandent s’ils pourront continuer.
Chaque pas de Frédéric Marcouyoux écrase des coquilles vides dans son parc à Villecomte, en Côte-d’Or. Il soulève une à une les planches de bois censées abriter ses escargots, et le constat se répète. Rien. Un survivant ici et là. Une misère. Son exploitation s’étend sur 1.300 mètres carrés et produit normalement 200.000 escargots par an. Cette année, il en sauvera tout juste 100.000.
Pour comprendre ces pertes massives, il faut regarder le sol. L’escargot fonctionne comme une éponge et a besoin d’humidité pour tenir. Quand la chaleur s’installe et que la terre se craquelle, il se déshydrate. Et les oiseaux en profitent. Avec un sol trop sec, ils ne trouvent plus ni limaces ni vers, alors ils viennent se servir directement dans les élevages.
Frédéric a quitté l’informatique pour la terre il y a quinze ans. En quinze étés, il n’en compte que deux avec assez de pluie, 2014 et 2024. Pour le reste, des canicules à répétition et des bilans désastreux. 70 à 80 pour cent de pertes en 2019 et 2020, plus de la moitié en 2021. Lui a la chance d’avoir diversifié son activité avec des moutons, des ruches et des fruits. Cette diversification lui permet de tenir, mais il ne sait pas combien de temps encore.
À Fénay, dans la même région, Hervé Ménelot part d’un constat plus brutal. Il n’a que l’escargot, point final. Son parc de 600 mètres carrés abrite 500.000 animaux. Les herbes folles qui devaient les protéger du soleil sont grillées depuis fin mai. Depuis 2019, les pertes oscillent entre 50 et 70 pour cent presque chaque saison. Après douze ans de travail, il dit clairement ne pas savoir s’il va continuer.
La crise dépasse les cas individuels. Sur les dix héliciculteurs de Côte-d’Or, trois viennent de jeter l’éponge. Selon le président de la Fédération nationale des héliciculteurs, de plus en plus d’exploitations sont menacées, même s’il est impossible de donner un chiffre précis. Lui-même décrit une saison catastrophique dans son élevage du Doubs.
L’enjeu est national. La France ne compte plus qu’environ 400 éleveurs d’escargots, et seulement 5 pour cent des escargots consommés dans l’Hexagone y sont produits. Le reste arrive d’Europe de l’Est. Si les étés continuent à s’embraser, la filière française de l’escargot pourrait bien disparaître. Les éleveurs, eux, regardent le ciel et font leurs comptes. Les nuages se font attendre, et avec eux, l’avenir.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 5 joursCes influenceurs qui vendent du rêve et que leurs abonnés commencent à lâcher



SociétéEn Ligne 6 joursÀ Bussy-Saint-Georges, le plus grand temple hindou d’Europe continentale a ouvert ses portes



CultureEn Ligne 5 joursCatherine Ringer, la voix libre des Rita Mitsouko, s’est tue



MondeEn Ligne 6 joursTotalEnergies veut injecter 16 milliards de dollars dans le pétrole irakien



ÉconomieEn Ligne 2 joursLidl France change de patron et surprend ses propres équipes



SportsEn Ligne 6 joursBordeaux sombre à Toulouse et mesure encore l’écart



EuropeEn Ligne 4 joursLa Hongrie traque les milliards envolés de l’ère Orban



EuropeEn Ligne 4 joursFace aux attaques hybrides venues de Russie, Macron convoque son état-major et bouscule son agenda








