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Gironde, un sursis menacé par le pic de chaleur extrême

L’incendie ne progresse plus, mais les reprises de feu se multiplient sur les cendres encore chaudes. Le thermomètre va flirter avec les 41°C mercredi…

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Gironde, un sursis menacé par le pic de chaleur extrême

L’incendie ne progresse plus, mais les reprises de feu se multiplient sur les cendres encore chaudes. Le thermomètre va flirter avec les 41°C mercredi, une journée que les secours redoutent.

Les flammes se sont tues, mais la braise reste vivante. Le gigantesque incendie de Gironde est considéré comme stabilisé, après avoir dévoré 42 000 hectares. Une trêve fragile pour les pompiers, qui ont déjà dû faire face à 14 reprises de feu en une seule journée. Des départs de feu qui rappellent que tout peut repartir à tout moment.

Et le ciel s’apprête à jouer les trouble-fête. Mercredi, un pic de chaleur va plonger le sud-ouest dans une fournaise, avec des températures maximales souvent comprises entre 38 et 41°C. Le vent sera un peu moins fort, mais il sera plus sec. De quoi fragiliser encore davantage une forêt qui a déjà tout perdu. Les secours ne parlent pas d’un nouveau brasier généralisé, mais ils restent sur le qui-vive. Une nette baisse des températures est attendue jeudi, mais il faudra d’abord traverser la journée la plus chaude.

Dans les villes et les campings, les ordres d’évacuation ont rythmé la vie des habitants depuis plusieurs jours. Environ 4 000 touristes ont quitté Lacanau par précaution, dans une opération menée sans panique. En revanche, 57 000 personnes de trois communes près de Bordeaux peuvent enfin rentrer. Depuis le début de l’incendie, plus de 222 000 personnes ont été déplacées au moins une fois, dans 24 communes. Environ 50 000 vacanciers restent concernés dans les campings fermés de Gironde et des Landes.

La lutte contre le feu mobilise des forces impressionnantes. 2 750 pompiers se battent sur le terrain, épaulés par 23 avions et hélicoptères. Des pare-feux ont été tracés sur 121 kilomètres pour couper la route aux flammes. Mais le sol calciné garde une chaleur sourde, et les reprises épuisent les équipes. Un bénévole qui aide les secours décrit une course sans fin, où l’eau injectée dans le sol semble avalée par la chaleur.

Le bilan n’est pas seulement écologique. 110 soldats du feu ont été blessés au combat. Côté économie, environ 130 000 salariés ne peuvent plus travailler à cause du désastre. Une réunion gouvernementale se tiendra jeudi pour aider les entreprises touchées et faciliter l’activité partielle. Les déplacements restent compliqués, avec l’interruption des TGV au sud de Bordeaux et l’autoroute A63 coupée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

Pendant ce temps, la solidarité s’organise autour des sinistrés. Le parc des expositions de Bordeaux s’est transformé en lieu d’accueil, où 750 personnes trouvent un toit, aidés par 180 bénévoles et 650 agents. Parmi eux, Louis Perri, 90 ans, remonte le moral de chacun et promet un retour rapide à la normale. Le feu du Var est désormais contenu, mais la Corse et les Hautes-Alpes ont aussi connu leur part de brasiers. Finalement, une baisse de chaleur est attendue jeudi, de quoi espérer un peu de répit pour les sinistrés.

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