Politique
Un expert du périnée mis en examen après des plaintes de huit femmes pour viols et agressions sexuelles
Ce kinésithérapeute, considéré comme un pionnier de la rééducation périnéale en France, aurait imposé des actes médicaux intrusifs sans consentement…


Ce kinésithérapeute, considéré comme un pionnier de la rééducation périnéale en France, aurait imposé des actes médicaux intrusifs sans consentement pendant des années. Il conteste fermement les accusations.
Un ancien kinésithérapeute parisien, véritable figure de proue dans son domaine, a été mis en examen en juin dernier pour viols et agressions sexuelles sur des patientes. Les faits reprochés auraient eu lieu entre 2017 et 2023, en plein cœur d’un centre d’imagerie médicale. Huit femmes ont porté plainte, dénonçant des gestes qu’elles décrivent comme violents, humiliants et totalement non consentis. L’homme, aujourd’hui retraité, était pourtant une référence nationale pour le traitement des troubles du périnée.
Les témoignages des patientes sont glaçants. L’une d’elles raconte avoir hurlé de douleur lors de l’introduction d’une sonde, sans que le praticien ne s’arrête avant qu’elle ne lui ordonne de cesser. Une autre explique avoir été surprise par un toucher pelvien, sans aucune explication préalable, et avoir été observée pendant qu’elle urinait et se rhabillait. Une troisième évoque une inhumanité totale, comme si son corps était un territoire conquis. Toutes décrivent des examens conduits sans information claire, sans recueil de leur consentement, et avec une brutalité qui dépasse largement le cadre médical. Certaines ont cru qu’il était médecin, ce qu’il n’était pas.
Son avocat défend une pratique légitime et reconnue. Il rappelle que son client a formé des générations de soignants et participé à la prise en charge de milliers de patients à l’hôpital public comme en privé. Pour lui, assimiler un bilan urodynamique à un viol n’est « pas sérieux ». Mais l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes en a décidé autrement : la chambre disciplinaire a radié l’ancien spécialiste, s’appuyant sur des récits d’examens brutaux et d’absence de consentement. L’ex-kiné assure que les patientes étaient informées par écrit et que la douleur ou la gêne ressenties ne relèvent pas d’un comportement inapproprié de sa part. La justice pénale devra maintenant trancher : une information judiciaire est ouverte depuis septembre 2024, et huit plaintes sont désormais sur la table.
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