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Tchernobyl, quarante ans après : des traces persistantes dans les sols et les aliments de plusieurs régions françaises

Quarante ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, l’empreinte radioactive demeure mesurable dans certaines zones de France. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection confirme que les sols, les herbages et certains produits alimentaires comme le lait, les fromages et la viande bovine y présentent une radioactivité supérieure à la moyenne nationale.
Ces régions, qualifiées de zones de rémanence élevée, se situent principalement dans les Vosges, en Alsace, dans la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l’est de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques. L’ASNR observe depuis plusieurs décennies une baisse progressive des concentrations de césium 137 et de strontium 90, deux éléments radioactifs issus des retombées de l’accident de 1986 et des essais atmosphériques d’armes nucléaires menés entre 1945 et 1980.
Les denrées forestières, en revanche, conservent plus longtemps des traces de radioactivité. Les champignons et les viandes de gibier peuvent ainsi afficher des niveaux élevés de césium 137 pendant de nombreuses années. Dans les forêts touchées, la répartition de cette contamination varie fortement d’un endroit à l’autre, parfois même à l’échelle d’une seule commune.
Pour les produits agricoles courants, comme les légumes-feuilles, les pommes de terre ou le blé, aucune différence significative n’a été constatée entre les zones de rémanence élevée et le reste du territoire. L’exposition moyenne pour un adulte vivant en ville, travaillant en intérieur et ne consommant ni champignons sauvages ni gibier, reste très faible, de l’ordre de 1 microsievert par an. En revanche, dans les communes où les dépôts radioactifs de mai 1986 ont été les plus importants, une personne passant plusieurs heures par jour en extérieur dans des espaces naturels ou boisés peut recevoir jusqu’à 20 microsieverts par an.
À titre de comparaison, la limite d’exposition pour le grand public est fixée à 1 000 microsieverts par an. Un aller-retour Paris-New York en avion expose à environ 80 microsieverts, et une radiographie du thorax à 58 microsieverts.

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