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Souveraineté numérique l’heure de vérité sonne à VivaTech

Jeff Bezos débarque à Paris alors que l’Europe prend conscience de sa dépendance technologique. Le salon VivaTech s’ouvre sur un enjeu stratégique…

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Souveraineté numérique l'heure de vérité sonne à VivaTech

Jeff Bezos débarque à Paris alors que l’Europe prend conscience de sa dépendance technologique. Le salon VivaTech s’ouvre sur un enjeu stratégique : sécuriser son avenir numérique face aux géants américains.

C’est l’image de l’année pour la tech française. Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, est l’invité star de VivaTech qui a ouvert ses portes mercredi à Paris. Il doit parler conquête spatiale aux côtés du patron de Blue Origin et d’un ancien astronaute de la Nasa. Mais derrière les projecteurs, l’ambiance est grave. L’Europe vient de recevoir un signal d’alarme venu des États-Unis. L’administration Trump a ordonné à la start-up américaine Anthropic de bloquer l’accès à ses deux modèles d’IA les plus puissants pour tout ressortissant étranger. Motif officiel la sécurité nationale. Pour la France, c’est un électrochoc brutal. Une start-up peut être coupée du jour au lendemain. Et si demain c’était au tour de ChatGPT ou de Google de fermer le robinet des données et des algorithmes derrière nos applications du quotidien

La réponse ne s’est pas fait attendre. Dès l’ouverture du salon, la France et l’Allemagne ont publié une position commune. Elles veulent renforcer la souveraineté numérique de l’Europe. Un vieux rêve qui prend une urgence nouvelle. Les deux pays relancent le Forum franco-allemand pour l’avenir, avec un objectif concret créer un catalogue commun de solutions numériques 100 % européennes. Dans les allées, le ministre de l’Économie Roland Lescure sillonne le salon à la rencontre des pépites françaises. Il s’arrête notamment sur le stand de Chapsvision, une start-up spécialisée dans l’analyse de données. Et ce n’est pas un hasard. Le Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’annoncer que les services secrets français, la DGSI, vont abandonner les outils de l’Américain Palantir pour passer à cette solution française. Un symbole fort après dix ans de dépendance. Palantir assure que son contrat reste en vigueur, mais le message est clair : la France ne veut plus de nouvelles dépendances stratégiques.

Le gouvernement met aussi les moyens. Lecornu a dévoilé que le programme France 2030 débloque 655 millions d’euros supplémentaires pour développer l’IA sur le territoire. Une somme conséquente pour tenter de rivaliser avec les mastodontes américains. Pendant ce temps, VivaTech s’étend pour sa dixième édition. Le salon passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés et espère battre son record avec plus de 180 000 visiteurs. Des robots humanoïdes chinois et européens feront des démonstrations. Jeudi, Emmanuel Macron accueillera le Premier ministre indien Narendra Modi. Un signal que la coopération ne se limite pas à l’Atlantique. Mais au fond, la question qui tenaille les 15 000 start-up présentes reste la même : comment construire une tech européenne sans dépendre des géants d’ailleurs

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