Société
SNCF un front syndical inédit bouscule le trafic ce mercredi
Pour la première fois depuis fin 2024, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF appellent à une grève unitaire de 24 heures ce mercredi 10 juin.…

Pour la première fois depuis fin 2024, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF appellent à une grève unitaire de 24 heures ce mercredi 10 juin. L’objectif est clair obtenir un moratoire sur les réorganisations en cours et de nouvelles hausses de salaires face à l’inflation.
Ce mouvement social ravive un bras de fer avec la direction. Derrière l’appel commun, la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, Sud Rail et la CFDT Cheminots pointent du doigt une mise en œuvre de la concurrence qui dysfonctionne. Les syndicats dénoncent les filialisations en cascade créées pour répondre aux appels d’offre des régions. Une partie des agents est transférée dans ces nouvelles sociétés avec la promesse de conserver leurs avantages sociaux pendant quinze mois. Mais chez Sud Rail, on compare ce dispositif à un sac à main plutôt qu’à un véritable sac à dos social. Passé ce délai, les conditions de travail divergent fortement d’une filiale à l’autre. Les cheminots se sentent pressés comme des citrons, selon les mots d’un responsable syndical, qui souligne une hausse de 20% des accidents du travail l’an passé.
La question salariale est également au cœur des revendications. Les augmentations obtenues pour 2026 ne compensent pas l’inflation qui a grimpé depuis le début du conflit au Moyen Orient fin février. Les syndicats jugent les efforts insuffisants alors que la SNCF a enregistré un bénéfice net de 1,8 milliard d’euros en 2025. La direction met en avant une prime de 1450 euros pour tous les salariés et garantit qu’aucun des 150 000 employés n’est payé en dessous du Smic plus 10%. Mais pour les organisations syndicales, cela ne suffit pas à apaiser un malaise profond. Elles relèvent notamment treize suicides de salariés depuis le début de l’année 2026, un chiffre inédit de mémoire de cheminot. Sans attribuer ces actes à une seule cause, les syndicats voient dans ces drames le signe d’un mal-être général lié aux réorganisations qui broient certains cadres et agents.
Malgré l’échec relatif de précédentes mobilisations, les syndicats se disent confiants pour ce 10 juin. La grève est unitaire et limitée à 24 heures non renouvelables, ce qui la rend plus facile à suivre pour les cheminots. Le président Jean Castex, arrivé en novembre 2025, avait promis de maintenir un groupe unifié. Les syndicats lui demandent aujourd’hui de mettre ses actes en accord avec ses paroles. Les prévisions de trafic seront publiées d’ici mercredi, mais l’ampleur de la perturbation dépendra du nombre de grévistes. Ce mouvement est aussi un test pour la nouvelle direction, qui assure mener un dialogue social constructif et n’avoir jamais signé autant d’accords. Mais le fossé semble large entre les promesses de dialogue et le sentiment de pression ressenti sur le terrain.
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