Monde
Séoul reste conservatrice le président progressiste encaisse un demi-succès
Le parti du président Lee Jae Myung a remporté la majorité des scrutins locaux mais n’a pas conquis la capitale. Un avertissement pour un chef d’État…
Le parti du président Lee Jae Myung a remporté la majorité des scrutins locaux mais n’a pas conquis la capitale. Un avertissement pour un chef d’État populaire mais pas encore incontesté.
Le Parti démocrate, formation progressiste du président Lee Jae Myung, est sorti vainqueur dans douze des seize postes de maires métropolitains et gouverneurs provinciaux lors des élections locales de mercredi. Ce scrutin était présenté comme un test après un an de présidence marqué par une gestion de crise et une diplomatie pragmatique. Pourtant, les progressistes ont buté sur un obstacle de taille Ils n’ont pas réussi à arracher la mairie de Séoul, fief conservateur tenu par Oh Se-hoon. Ce dernier a battu de justesse la jeune étoile montante démocrate Chong Won-o, dans une élection perturbée par des pénuries de bulletins dans certains bureaux de vote.
Ce revers intervient dans un contexte politique lourd. Le prédécesseur de Lee, le conservateur Yoon Suk Yeol, avait plongé le pays dans une grave crise en déclarant brièvement la loi martiale en décembre 2024, avant d’être destitué. Depuis, le Parti du pouvoir au peuple, autrefois tout-puissant, est divisé et sa popularité s’est effondrée. Son chef a présenté des excuses pour des résultats « décevants ». De l’autre côté, Lee Jae Myung profite d’une cote de popularité autour de 60 %, soutenue par un réchauffement des relations avec Pékin et Tokyo, un accord commercial avec Washington, et une économie portée par le boom des puces pour l’intelligence artificielle qui fait flamber la Bourse. Mais l’échec à Séoul montre que tout n’est pas acquis.
Pourquoi cette perte dans la capitale est-elle si parlante ? Séoul concentre près de la moitié de l’électorat sud-coréen. Historiquement, la mairie de Séoul a souvent servi de tremplin vers la présidence. En conservant ce poste, le vétéran conservateur Oh Se-hoon maintient une tête de pont pour l’opposition. Les analystes y voient un signal adressé à Lee Jae Myung les électeurs centristes et volatils de la capitale ont voulu envoyer un avertissement, pour éviter un basculement trop unilatéral. Le président lui-même a reconnu ce message en promettant d’accepter « humblement la volonté du peuple » et de travailler avec toutes les administrations locales, quelle que soit leur couleur.
Ailleurs, le parti conservateur a subi de lourdes pertes. Il a perdu Busan, la deuxième ville du pays, ainsi que plusieurs provinces stratégiques. Lors des élections partielles législatives, le parti de Lee a remporté neuf sièges contre quatre pour le PPP. Un autre siège a été décroché par Han Dong-hoon, un ancien ministre de la justice conservateur passé en indépendant. Autrefois proche allié de Yoon, il avait rompu avec la loi martiale. Sa victoire relance les spéculations sur une future candidature à la présidentielle. Le message des urnes est nuancé les Sud-Coréens sanctionnent l’ancien régime tout en refusant un blanc-seing au nouveau.
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