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San Juan asphyxiée par la soif entre glaciers qui fondent et mines qui divisent

Dans la province argentine la plus sèche du pays, l’eau se fait si rare que les agriculteurs ne cultivent plus qu’un tiers de leurs terres. Entre…

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San Juan asphyxiée par la soif entre glaciers qui fondent et mines qui divisent

Dans la province argentine la plus sèche du pays, l’eau se fait si rare que les agriculteurs ne cultivent plus qu’un tiers de leurs terres. Entre réchauffement climatique et vifs débats sur l’exploitation minière, la tension monte autour de chaque goutte.

Ici, un vieux dictan raconte que dans certaines rivières, les poissons soulèvent la poussière en nageant. Une façon de dire que San Juan a toujours été aride. Mais aujourd’hui, avec seulement 100 millimètres de pluie par an, la situation devient critique. Les fleuves San Juan et Jachal, alimentés par la fonte des neiges et les glaciers andins, atteignent des débits jamais vus. Un agriculteur de la région raconte qu’il ne peut plus exploiter que 30 à 40 % de ses terres. Les vignes, la luzerne et les oignons souffrent. Et tout le monde craint que la crise ne s’aggrave.

La cause tient à un double phénomène. Les chutes de neige dans la cordillère diminuent fortement. Et la chaleur fait que la neige se transforme directement en vapeur sans même avoir le temps de fondre. Les glaciologues parlent de « sublimation ». Résultat le débit du San Juan est aujourd’hui deux fois plus faible que la moyenne du XXe siècle. Les prévisions les plus pessimistes de l’an 2000 ont déjà été dépassées. Les glaciers locaux, souvent cachés sous des débris rocheux, reculent de 17 % en dix ans. Leur rôle est crucial quand la neige vient à manquer certains fournissent jusqu’à trois fois plus d’eau que d’habitude.

Cette pénurie met le feu aux poudres. En avril, le Parlement argentin a réformé la loi dite « des glaciers » qui protégeait ces réserves depuis 2010. Le nouveau texte donne plus de pouvoir aux provinces pour autoriser l’exploitation minière, même en zones glaciaires. San Juan, qui est de la taille de l’Autriche, veut attirer des mines. Un choix qui divise. Les défenseurs de l’environnement comparent la situation à un patient en soins intensifs à qui on demanderait de donner son sang. Le ministre de la Production, lui, estime que 40 % de l’eau agricole pourrait être économisée grâce à de meilleures infrastructures. Et ces investissements, dit-il, pourraient venir des revenus miniers. Mais pour les cultivateurs, l’équation reste simple si une activité bouleverse l’équilibre hydrique jusqu’à l’effondrement, elle ne pourra pas se faire. Ici, chaque goutte est une ligne de vie.

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