Nous rejoindre sur les réseaux

News

Raphaël Glucksmann à l’épreuve du temps pour 2027

Article

le

L’eurodéputé, non déclaré officiellement, entame une semaine décisive avec une intervention télévisée et la parution d’un ouvrage pour tenter de fédérer au-delà de son camp.

Raphaël Glucksmann aborde une séquence clé de son parcours politique. Alors qu’il n’a pas encore officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, le fondateur de Place publique s’apprête à multiplier les apparitions publiques, entre un passage au journal télévisé de TF1 et la sortie de son livre intitulé « Nous avons encore envie ». Ce double rendez-vous doit lui permettre de démontrer sa capacité à rassembler une partie de la gauche et du bloc central, tout en surmontant ses propres fragilités électorales.

Crédité d’environ 11 % des intentions de vote dans les enquêtes d’opinion, l’eurodéputé figure parmi les personnalités les mieux placées pour incarner le courant social-démocrate. Dans son ouvrage, il esquisse plusieurs axes de campagne sans toutefois entrer dans le détail des mesures. Il y évoque un « nouveau contrat patriotique », une « convention citoyenne sur l’immigration » et la mise en place d’un service civique obligatoire. Ces propositions visent à dessiner une ligne claire, distincte à la fois de la gauche radicale et de la majorité sortante.

Alors que le Parti socialiste reste englué dans des discussions internes sur la désignation de son candidat pour 2027, Raphaël Glucksmann entend enterrer définitivement l’hypothèse d’une primaire à gauche, pourtant défendue par le premier secrétaire Olivier Faure et la cheffe des Écologistes Marine Tondelier. Mais le dirigeant de Place publique ne dispose pas d’un appareil politique suffisamment étoffé pour soutenir une campagne d’envergure. Il lui faudra donc convaincre une partie des socialistes et des électeurs déçus par le macronisme de se rallier à sa candidature.

Dans le camp social-démocrate, il doit également compter avec la concurrence de l’ancien président François Hollande, qui reste en embuscade. De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, est désormais crédité de 16 % des intentions de vote, ce qui renforce la pression sur l’espace modéré.

Dans son livre, l’eurodéputé, très identifié sur les questions de défense de l’Ukraine et de construction européenne, expose ses priorités pour la France. Il affirme vouloir reprendre le drapeau tricolore des mains de l’extrême droite et estime que la gauche doit proposer un « nouveau contrat patriotique » pour restaurer la puissance du pays et redonner aux citoyens la maîtrise de leur destin. Il égrène une série de propositions, dont certaines risquent de susciter des réserves au sein de son propre camp. Mais il le revendique sans ambages : « Je ne parle pas ici de la gauche à la gauche, mais de la France aux Français. »

Parmi ses idées figure l’instauration d’un service civique obligatoire de dix mois. Sans entrer dans les détails, il fait également de la sécurité un axe central de sa campagne, jugeant qu’elle n’est pas un thème réservé à la droite. Fils du philosophe André Glucksmann, il souhaite aussi organiser une « convention citoyenne sur l’immigration » afin de ne pas esquiver le débat migratoire. « Non, l’immigration zéro n’est ni souhaitable, ni possible. Et non, s’installer en France n’est pas un droit universel », plaide-t-il.

Autre proposition notable, la création d’un « passeport pour l’émancipation » garantissant à chaque enfant un séjour collectif, à l’image des colonies de vacances, dont le modèle a été fragilisé par le désengagement de l’État et des collectivités.

Régulièrement accusé de parisianisme et d’éloignement des réalités populaires, le compagnon de la journaliste Léa Salamé a récemment dû faire face à une polémique. Une note rédigée par l’un de ses conseillers lui suggérait d’éviter certaines cibles électorales, comme les banlieues, les faibles revenus et les jeunes. Bien qu’il ait désavoué ce document, l’affaire renforce l’image d’un homme susceptible de séduire avant tout un électorat aisé et diplômé. Lui assure vouloir renouer le dialogue avec « la France des pavillons », dont la gauche, selon lui, « ne cherche plus à comprendre les besoins et les aspirations, les angoisses et les désirs ».

Faisant de l’école publique une priorité, il promet de revaloriser substantiellement le salaire des enseignants et d’augmenter le nombre de personnels en contact direct avec les élèves, tout en réduisant les effectifs administratifs. Défenseur de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, il prône également un nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs, avec un rééquilibrage de la taxation entre le travail, le capital, la retraite et l’héritage. Sur le dossier sensible des retraites, il se contente d’évoquer une « réforme juste et ambitieuse » prenant en compte les bouleversements démographiques et la pénibilité.

Enfin, déplorant le « renoncement » des dirigeants qui ont laissé disparaître les joyaux industriels du pays, il défend une nouvelle révolution industrielle française fondée sur la transformation écologique. Prochaine étape pour consolider son dispositif en vue de 2027 : un meeting prévu le 13 juin aux Docks d’Aubervilliers, près de Paris.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus