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Nicolas Sarkozy face à la dernière ligne droite de son procès en appel
La défense de l’ancien président doit plaider mercredi pour obtenir sa relaxe dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne de 2007, alors que l’accusation a requis sept ans de prison.
Le procès en appel de l’affaire libyenne touche à sa fin avec les ultimes plaidoiries des avocats de Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’État, qui clame son innocence depuis le début des investigations, risque une peine d’emprisonnement particulièrement lourde. Le parquet général l’a présenté comme l’organisateur principal d’un pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi, une accusation qualifiée de gravité extrême pour la République. Les réquisitions ont atteint sept années de détention pour association de malfaiteurs, corruption et financement illégal de campagne électorale. Cette sanction serait la plus sévère parmi les dix prévenus, devant les six ans réclamés contre Claude Guéant, l’ancien secrétaire général de l’Élysée.
La défense de Nicolas Sarkozy va réclamer son acquittement pur et simple. Le verdict de la cour d’appel, présidée par Olivier Géron, est attendu pour le 30 novembre. Depuis le début de cette affaire il y a quinze ans, déclenchée par des déclarations non étayées du fils de l’ancien dictateur libyen, l’ancien président a toujours dénoncé une manipulation dépourvue de preuves tangibles. En première instance, il avait été condamné à cinq ans de prison et avait passé vingt jours à la prison de la Santé, une situation inédite pour un ancien chef de l’État.
Durant les audiences d’appel ouvertes en mars, l’ancien président s’est montré plus mesuré dans son expression publique. Sur le fond, il n’a pas varié d’un iota. Il affirme qu’aucun argent libyen n’a jamais alimenté sa campagne et qu’il n’a jamais envisagé un tel financement. L’accusation soutient au contraire que des contreparties auraient été négociées, notamment un réexamen de la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi, numéro deux du régime libyen, condamné à perpétuité en France pour l’attentat contre le vol UTA 772 en 1989.
Les parties civiles, associations anticorruption et familles des victimes de cet attentat, n’ont pas été convaincues par les protestations d’innocence des prévenus. Leurs avocats ont dénoncé une stratégie de défense qualifiée de peu scrupuleuse, derrière laquelle ils voient la main de Nicolas Sarkozy. Face aux questions gênantes, l’ancien président aurait répondu par des formules évasives comme « je ne me souviens pas » ou en rejetant la faute sur autrui.
La défense de l’ancien chef de l’État a également dû composer avec la défection retentissante de Claude Guéant. Alors qu’ils avaient présenté un front uni en première instance, l’ancien secrétaire général de l’Élysée n’a pas supporté d’apprendre que son ancien patron mettait en cause sa probité à la barre. Bien qu’il n’ait pas explicitement incriminé Nicolas Sarkozy, il a pour la première fois contredit ses déclarations dans deux écrits adressés à la cour. Son avocat a livré une charge particulièrement sévère, dénonçant la cruauté et le cynisme de l’ancien président. Selon lui, pour écarter les soupçons de financement illicite de sa campagne, Nicolas Sarkozy aurait présenté son ancien bras droit comme un individu malhonnête ayant reçu des fonds libyens à titre personnel. Cette ligne de défense, résumée par la formule « ce n’est pas moi, c’est les autres », fragilise incontestablement la position de l’ancien chef de l’État.
Claude Guéant nie toujours tout pacte de corruption ou association de malfaiteurs, mais sa contradiction affaiblit la défense de Nicolas Sarkozy. Ce dernier joue autant sa liberté que son héritage politique. En cas de condamnation, il lui restera un pourvoi devant la Cour de cassation, qui examinera uniquement le respect des règles de droit et non le fond du dossier. Une éventuelle sanction, prononcée le 30 novembre, pour un pacte de corruption avec une puissance étrangère et une dictature criminelle, laisserait une marque plus profonde encore que les condamnations définitives dans les affaires des écoutes et de Bygmalion.
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