Monde
Maximus, le chat qui murmure à l’oreille du pouvoir belge

Le Premier ministre Bart De Wever a trouvé un allié inattendu pour sa communication politique. Son chat, Maximus, anime un compte Instagram où l’humour et la légèreté servent à aborder les dossiers les plus sérieux.
À l’instar de Larry, le résident félin du 10 Downing Street à Londres, un nouveau chat a fait son entrée sur la scène politique européenne. Maximus, adopté par le Premier ministre belge Bart De Wever, est devenu en quelques mois une figure médiatique à part entière. Son compte Instagram, alimenté par l’entourage du dirigeant, dépasse parfois en audience celui de son propriétaire.
Là où le chat britannique incarne une présence apolitique et rassurante, le compagnon du chef du gouvernement belge adopte un ton plus engagé. Par le biais de bulles de bande dessinée en néerlandais, le félin au pelage gris glisse des commentaires ironiques sur l’actualité nationale. Les grèves, les négociations budgétaires complexes ou encore la mise en place d’un service militaire volontaire sont ainsi évoquées avec une certaine distance.
Cette stratégie de communication permet au Premier ministre, connu pour son flegme, d’aborder des sujets sensibles sous un angle décalé. Après la neutralisation d’une menace terroriste au drone visant sa personne, c’est par exemple via le compte de Maximus qu’il a choisi de réagir publiquement, sur un mode léger. Le dirigeant se met également en scène dans des publications plus personnelles, le montrant promenant son chat en landau ou partageant une sieste.
Pour les observateurs politiques, cette initiative vise avant tout à humaniser la figure du chef de gouvernement, souvent perçue comme austère. Elle offre une facette plus accessible et détendue d’un homme politique confronté, depuis son entrée en fonction, à une opposition marquée et à des mobilisations sociales récurrentes. L’utilisation d’animaux domestiques comme relais d’image n’est pas nouvelle, particulièrement outre-Atlantique, où elle est presque devenue une tradition présidentielle.
Si le succès de Larry à Londres a sans doute inspiré cette démarche, Maximus y apporte une dimension explicitement politique. Cette instrumentalisation du félin ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains élus d’opposition ont critiqué ces publications, y voyant le signe d’un décalage avec les préoccupations des citoyens, notamment lorsqu’une vidéo montrait le Premier ministre jouant de la cornemuse avec la queue de son chat en pleines discussions budgétaires.
La rivalité médiatique entre les deux chats d’État a même connu un épisode symbolique lors d’une visite du Premier ministre belge à Londres, où un selfie avec Larry a suscité une réaction jalouse de Maximus en ligne. L’ère de la communication politique passe décidément aussi par les pattes de velours.

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