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Marges de la grande distribution : un rapport sénatorial pointe des pratiques qui fragilisent les filières agricoles et industrielles françaises

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Les conclusions de la commission d’enquête du Sénat, rendues publiques jeudi, mettent en lumière un déséquilibre persistant dans la répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire, au détriment des producteurs et des transformateurs.

Six mois après l’ouverture de ses travaux, la commission d’enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution a livré ses conclusions. Le document, adopté mardi et présenté jeudi, dresse un constat sévère sur les pratiques des distributeurs. Selon le communiqué qui accompagne la publication, ces derniers mettraient en péril l’agriculture et l’industrie françaises dans une opacité quasi totale, souvent en contradiction avec la législation en vigueur, sans pour autant offrir de réels bénéfices au consommateur.

Le rapport souligne que les tensions croissantes entre les différents maillons de la chaîne alimentaire fragilisent l’ensemble du secteur. Les auteurs estiment que la valeur captée par les distributeurs se fait au détriment des acteurs de l’amont. Le président de Coopérative U a d’ailleurs critiqué la date butoir unique du 28 février pour les négociations commerciales, la jugeant contre-productive. Il a plaidé pour plus de souplesse, estimant que cela permettrait d’aborder d’autres sujets que le seul prix.

La guerre des prix menée par la grande distribution est également pointée du doigt. Elle se ferait aux dépens des agriculteurs, tandis que les marges réalisées sur les fruits et légumes seraient plus élevées que celles appliquées aux produits gras et sucrés. L’utilisation de centrales d’achat européennes suscite aussi des critiques, car elles sont accusées de permettre un contournement de la législation française, même si les distributeurs y voient un moyen de peser face aux grandes multinationales.

La présidente de la commission d’enquête a évoqué un sentiment de plongée dans un Far West commercial, soulignant le déséquilibre entre les trois grandes centrales d’achat des principaux distributeurs et les centaines de milliers de producteurs agricoles et d’entreprises de transformation. Elle a précisé que sur cent euros de valeur alimentaire, seulement huit euros reviennent à l’agriculteur, quatorze à l’industriel, tandis que quarante euros sont captés par la distribution.

En réponse à ces accusations, le PDG de Carrefour a défendu son secteur, affirmant que les marges des distributeurs, pourtant publiques, sont extrêmement basses. Il a appelé à cesser ce qu’il qualifie de rapports anti-pouvoir d’achat et à ne pas céder à la tentation d’une régulation permanente. De son côté, la Fédération du commerce et de la distribution s’attendait à un rapport à charge, dénonçant une méthodologie biaisée.

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