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Maersk fait flamber son action et relève encore ses objectifs

Le numéro deux mondial du transport de conteneurs a fait mieux que prévu ce printemps. Il revoit ses ambitions à la hausse et la Bourse applaudit.

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Maersk déjoue les pronostics et voit plus loin

Mis à jour le 13 août à 11h54

Le numéro deux mondial du transport de conteneurs a fait mieux que prévu ce printemps. Il revoit ses ambitions à la hausse et la Bourse applaudit.

Maersk a le vent en poupe. Le géant danois a annoncé jeudi un bénéfice d’exploitation au deuxième trimestre nettement supérieur aux attentes. Dans la foulée, son action a grimpé de 5,3% à la Bourse de Copenhague, après avoir même bondi de 8% à l’ouverture. Une progression qui en fait l’une des meilleures performances de l’indice européen Stoxx 600. Une vraie bouffée d’air pour un groupe considéré comme un baromètre du commerce mondial, car il s’agit du deuxième armateur de porte-conteneurs de la planète.

Derrière ces chiffres, une demande mondiale très forte. Maersk profite d’abord des exportations chinoises qui ne montrent aucun signe de ralentissement. Les taux de fret restent élevés, les perturbations commerciales s’accumulent et l’entreprise parvient même à répercuter la hausse du carburant sur ses clients, qui comptent des noms comme Walmart, Target ou Nike. Résultat, l’Ebitda du printemps atteint trois milliards de dollars, contre 2,12 milliards attendus par les analystes et 2,30 milliards un an plus tôt. Le groupe avait déjà relevé ses prévisions en juin. Il remet ça.

Concrètement, Maersk vise désormais un Ebitda sous-jacent compris entre 10,5 et 12,5 milliards de dollars pour cette année, contre huit à dix milliards précédemment. Pour le résultat d’exploitation, la nouvelle fourchette va de 4,5 à 6,5 milliards, alors que l’ancienne était de deux à quatre milliards. Cette confiance retrouvée s’appuie sur un constat simple. La demande mondiale de transport de conteneurs a dépassé les attentes au deuxième trimestre. Même la contraction de 40% des importations au Moyen-Orient n’a pas pesé bien lourd, grâce à la croissance observée ailleurs, avec la Chine en moteur principal.

Cette embellie a un revers. Le trafic mondial est chamboulé par les attaques des Houthis en mer Rouge, qui poussent les navires à contourner l’Afrique. Le détroit d’Ormuz, voie essentielle pour les hydrocarbures, est fermé de facto par l’Iran depuis l’attaque subie le 28 février. Ces détours rallongent les trajets et font flamber les tarifs. Maersk profite de cette situation, tout en prévenant que l’incertitude demeure. La dynamique pourrait se prolonger au troisième trimestre 2026, mais le conflit au Moyen-Orient impose la prudence, tempère le groupe. Son concurrent allemand Hapag-Lloyd a d’ailleurs suivi le mouvement en relevant aussi ses prévisions, porté par la même envolée des taux de fret.

Pour l’avenir, les avis divergent. Certains analystes estiment que cette vigueur du fret n’est que temporaire et que toute normalisation du trafic en mer Rouge ferait fortement chuter les prix. D’autres regardent du côté de Suez. Maersk et Hapag-Lloyd ont annoncé un retour progressif sur certains services via le canal. Le patron de Maersk, Vincent Clerc, assure que les conditions d’une réactivation complète de cette route dès cette année sont réunies, à condition qu’il ne se passe rien au Yémen. Une nuance importante, alors que les tensions géopolitiques restent vives.

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