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À Paris, casque et gilet deviennent obligatoires pour rouler en trottinette

Dès ce vendredi, la préfecture de police impose le casque et le gilet haute visibilité aux conducteurs de trottinettes et autres engins électriques à…

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À Paris, casque et gilet deviennent obligatoires pour rouler en trottinette

Dès ce vendredi, la préfecture de police impose le casque et le gilet haute visibilité aux conducteurs de trottinettes et autres engins électriques à Paris. Sur place, les agents ont commencé à contrôler, mais pour l’instant ils préfèrent prévenir plutôt que punir.

Rue La Fayette, dans le nord de la capitale, la scène se répète à chaque feu vert. Des policiers arrêtent des usagers qui filent sur la piste cyclable, tête nue ou sans chasuble. « Vous avez un casque et un gilet jaune, c’est pour votre sécurité », lance un agent à un homme qui relève sa visière, complètement surpris. « C’est quoi une chasuble ? » demande-t-il. On lui explique la nouvelle règle, on lui demande sa carte d’identité, et il repart libre. Cette fois, l’addition n’est pas tombée. Mais l’amende forfaitaire existe déjà. Rouler sans équipement rétro-réfléchissant coûte 35 euros. Oublier le casque, c’est 135 euros.

Cet arrêté préfectoral concerne tout ce qui roule sur une roue ou deux et se motorise sans pédales. Les trottinettes électriques, les gyropodes, les monoroues et les hoverboards sont tous visés. Les vélos électriques, eux, restent en dehors du coup de filet. Pour justifier cette décision, les autorités rappellent une réalité chiffrée. Depuis janvier, 136 accidents corporels ont impliqué ce type d’engins à Paris. C’est la seule catégorie d’usagers de la route dont les accidents augmentent dans la capitale. Alors les policiers multiplient les opérations de prévention, comme celle menée près de la gare du Nord. Mais dès le lendemain, ils promettent de passer à la verbalisation.

Du côté des usagers, la mesure est plutôt bien accueillie, ou du moins comprise. Pierre, 79 ans, avoue avoir oublié son casque aujourd’hui. Il reconnaît que c’est naturel de le porter. Igor, développeur informatique de 42 ans, dit ne jamais rouler sans protection. Il trouve la règle cohérente. La mairie de Paris se dit aussi favorable à ces obligations, mais elle a été prise de court par une mise en place aussi rapide en plein été. Elle espère que les contrôles resteront d’abord pédagogiques. De son côté, l’association Prévention routière compare ce réflexe à celui de la ceinture en voiture. Une habitude à ancrer, plaide sa déléguée générale, qui rêve d’étendre la règle à tous les cyclistes et à tout le territoire. Plusieurs départements l’ont déjà fait, comme la Seine-et-Marne, les Alpes-Maritimes, le Vaucluse ou encore l’Yonne.

Reste une incompréhension de taille chez les utilisateurs de mobilité électrique. Pourquoi obliger les trottinettes et pas les vélos électriques, alors que ces derniers roulent aussi vite et partagent les mêmes pistes ? Les chiffres nationaux donnent pourtant du grain à moudre aux défenseurs de la trottinette. L’an dernier, 79 utilisateurs d’engins motorisés sont morts sur les routes, soit une hausse de 76 pour cent, quand 235 cyclistes ont perdu la vie, une augmentation bien plus faible. La ministre déléguée chargée de la route a d’ailleurs demandé aux services de l’État de plancher sur une harmonisation nationale du casque pour les EDPM. Pour les cyclistes, aucun cap clair n’est fixé pour l’instant. Un vendeur de trottinettes du 10e arrondissement, déjà tombé sans protection, résume la situation avec une pointe d’humour noir. « Je ne me rappelle de rien. C’est très dangereux. » Son commerce, lui, ne devrait pas souffrir de la nouvelle règle. Au contraire, peut-être.

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