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La Zambie face à un choix crucial entre stabilité économique et ras-le-bol social

Des millions de Zambiens votent pour leur président et leurs députés dans un scrutin très disputé. Le sortant Hakainde Hichilema joue sa réélection face à…

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La Zambie face à un choix crucial entre stabilité économique et ras-le-bol social

Des millions de Zambiens votent pour leur président et leurs députés dans un scrutin très disputé. Le sortant Hakainde Hichilema joue sa réélection face à un opposant qui dénonce des conditions de vote inéquitables

Les bureaux de vote ont ouvert en Zambie pour une élection présidentielle et législative très attendue. Quelque 8,7 millions d’électeurs doivent se prononcer, avec un Parlement élargi qui passe de 156 à 226 sièges pourvus au suffrage direct. Le chef de l’État sortant, Hakainde Hichilema, surnommé HH, brigue un second mandat. Cet homme d’affaires de 64 ans, arrivé au pouvoir en 2021 après une transition pacifique, met en avant le redressement économique du pays. Mais la pauvreté reste écrasante, avec environ 70% de la population qui vit avec moins de trois dollars par jour, l’équivalent d’environ trois euros, selon la Banque mondiale.

Le principal adversaire de HH s’appelle Brian Mundubile. Cet avocat de 55 ans, ancien ministre sous Edgar Lungu, mène une coalition de partis d’opposition et se présente comme le porte-voix des Zambiens les plus précaires. Il est l’un des treize candidats en lice. Sa campagne a pourtant été chaotique, marquée par des interventions de la police, des violences de partisans du président et des annulations d’autorisations de vol qui l’ont empêché de tenir certains meetings en province. Ses soutiens dénoncent un processus qui ne peut déboucher, selon eux, que sur une élection ni libre ni équitable. Son parti reste peu connu, et la campagne n’a réellement démarré qu’en mai, un défi énorme pour convaincre.

Dans les files d’attente, les avis sont partagés. Akapelwa Akapelwa, un homme d’affaires de 62 ans, a voté tôt et salue une économie stabilisée. Il estime que les bases sont solides et appelle à accélérer la croissance. Mwiche Nalupumbwe, 26 ans, dit au contraire que beaucoup de Zambiens sont déçus et prédit une élection très serrée. Pour elle, ces cinq dernières années ont été difficiles, malgré les éloges des bailleurs de fonds internationaux sur la gestion de la dette.

Le scrutin se tient dans un pays réputé stable en Afrique australe, deuxième producteur de cuivre du continent. Hichilema a hérité d’un État en défaut de paiement depuis 2020 et a réussi à obtenir un accord de restructuration de la dette, à renouer avec le Fonds monétaire international et à relancer une croissance projetée à 5% cette année. Mais le coût de la vie augmente et le chômage officiel avoisine les 10%, ce qui nourrit le mécontentement.

Le vote suit traditionnellement des lignes régionales. HH et son parti dominent dans le sud et l’ouest, tandis que le nord et la province de Copperbelt restent des bastions de l’ancien président Edgar Lungu, décédé il y a un an, et de son héritage politique. Une chercheuse spécialiste de la Zambie estime que le scrutin est étonnamment compétitif, mais que beaucoup d’électeurs en quête de stabilité pourraient rester fidèles au président sortant, malgré les critiques sur la corruption, la lenteur des réformes et un espace politique jugé moins ouvert. Les résultats sont attendus d’ici le 17 août, avec un second tour possible si aucun candidat ne réunit plus de 50% des voix.

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