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En Champagne la récolte du raisin n’a jamais démarré aussi tôt

La Champagne s’apprête à vivre des vendanges historiques. Les dates officielles viennent de tomber et le cru 2026 s’annonce comme le plus précoce jamais…

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En Champagne la récolte du raisin n'a jamais démarré aussi tôt

La Champagne s’apprête à vivre des vendanges historiques. Les dates officielles viennent de tomber et le cru 2026 s’annonce comme le plus précoce jamais enregistré.

Les amateurs de champagne vont devoir patienter un peu moins longtemps cette année. Le calendrier des vendanges vient d’être officialisé pour chaque commune de l’appellation, et il bat tous les records. La récolte pourra commencer entre le 8 et le 22 août selon les secteurs et les cépages. Du jamais-vu, explique David Chatillon, coprésident du Comité Champagne. La succession d’épisodes de forte chaleur depuis le début de l’année a accéléré la maturation des raisins. Une situation si inhabituelle que certains viticulteurs ont déjà sorti les sécateurs. À Montgueux, dans l’Aube, les premières grappes ont été coupées dès le 6 août, une date inédite.

Ce n’est pas un hasard si les calendriers s’égrènent toujours plus tôt au fil des décennies. Depuis les années 1980, les vendanges avancent sans cesse en France, et la Champagne ne fait pas exception. En vingt ans, le coup d’envoi s’est déplacé d’environ deux semaines. Un signal clair du réchauffement climatique, que les acteurs du territoire ne peuvent plus ignorer. Franck Leroy, président de la région Grand Est, a d’ailleurs lancé un appel à accélérer l’adaptation face à ces bouleversements. David Gaudinat, vigneron et administrateur au Syndicat général des vignerons de la Champagne, résume la situation avec un chiffre parlant. Sur les cinq dernières années, trois récoltes ont déjà démarré au mois d’août. La régularité du phénomène interpelle.

Mais cette précocité ne rime pas avec abondance. Le gel du printemps a détruit près de 40% des bourgeons du vignoble champenois, l’une des pires pertes jamais enregistrées, juste derrière celle de 2003. La sécheresse a aussi fait des dégâts. Faute d’eau, les grappes sont moins gonflées et pèsent moins lourd, précise David Chatillon. Du coup, les quotas de rendement commercialisable ont été abaissés à 8 800 kilos pour la vendange 2026, contre 9 000 en 2025 et 10 000 en 2024. C’est la quatrième année de baisse consécutive, sous l’effet combiné des incertitudes économiques mondiales et des aléas climatiques. Pour soutenir la filière, le ministère de l’Agriculture autorise cette année les producteurs à acheter jusqu’à 15% de vendanges, de moûts ou de vins, contre 5% d’habitude.

Malgré ce contexte difficile, les professionnels restent confiants sur la qualité de la future cuvée. Les vignobles français sont touchés de manière inégale par les caprices du ciel, mais en Champagne, la qualité s’annonce bonne. Reste à espérer que les conditions restent favorables jusqu’à la fin de la récolte. Une chose est sûre, cette nouvelle vendange s’inscrit dans une tendance de fond qui va contraindre toute la filière à repenser ses habitudes.

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