Europe
L’Allemagne donne enfin des muscles à ses services secrets
Berlin a adopté une réforme qui transforme ses espions en véritables agents opérationnels, capables d’intervenir et de saboter. Une rupture historique qui…


Berlin a adopté une réforme qui transforme ses espions en véritables agents opérationnels, capables d’intervenir et de saboter. Une rupture historique qui inquiète les défenseurs des libertés.
Pendant des décennies, les services de renseignement allemands ont collectionné les informations, écouté, observé, mais sans jamais vraiment passer à l’action. Mercredi, le gouvernement a décidé de changer la donne. Le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt l’assume sans détour. Il ne s’agit plus de simples observateurs, mais de vrais acteurs sur le terrain. Le BND, chargé du renseignement extérieur, et le BfV, qui s’occupe de l’intérieur, pourront désormais mener des opérations secrètes. Une petite révolution dans un pays où le passé nazi et communiste a longtemps imposé une prudence extrême.
Le contexte explique ce virage. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les menaces se sont multipliées. Sabotages, cyberattaques, ingérences. L’Allemagne se considère en plein conflit hybride. Face à cela, ses services étaient jugés trop dépendants de leurs alliés étrangers. La réforme leur donne donc des capacités concrètes. Ils pourront neutraliser des systèmes informatiques piratés, lancer des contre-attaques numériques et même mener des sabotages à l’étranger en cas de danger particulier. L’idée est vertigineuse. Modifier des instructions de fabrication d’armes pour les rendre inoffensives dès la production, par exemple.
Mais tout n’est pas permis pour autant. Les agents allemands n’auront pas le droit de recourir à la violence contre des personnes à l’étranger, contrairement à la CIA américaine ou au Mossad israélien. Une limite claire. En revanche, ils pourront désormais emporter des armes hors du pays, uniquement pour leur légitime défense. Un symbole fort. Imaginez des espions allemands armés sur le terrain, alors que c’était impensable il y a encore quelques années.
Cette réforme ne passe pourtant pas comme une lettre à la poste. Ses détracteurs dénoncent un glissement dangereux. Le chef des libéraux allemands parle de briser un tabou historique et refuse l’idée d’une police secrète. Des associations de défense des droits fondamentaux alertent sur les risques pour la vie privée. Accès aux caméras de vidéosurveillance privées, chevaux de troie d’État, analyses de données sans garde-fous. Les craintes sont réelles. Mais pour le gouvernement, la sécurité prime. Le débat promet d’être vif au parlement, qui devra donner son feu vert avant une entrée en vigueur prévue l’an prochain.
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 7 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 5 joursOlivier Faure accuse Jordan Bardella de mensonge et lui ferme la porte de Matignon



SociétéEn Ligne 4 joursUne Marche des fiertés très politique défile à Paris avant la présidentielle



PolitiqueEn Ligne 5 joursUn million de voitures électriques à 100 euros par mois, la promesse de Glucksmann aux Français modestes



PolitiqueEn Ligne 4 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 6 joursLa colère des lycées déborde et met l’exécutif sous pression



SociétéEn Ligne 6 joursBlocages de lycées dans toute la France, Lecornu réunit sa cellule de crise



SociétéEn Ligne 6 joursPrès de 2.000 interpellations après une journée de blocages qui a dérapé dans les lycées








