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Au Kazakhstan, un avion tire sur les nuages pour faire tomber la pluie

Un petit avion équipé de fusées d’ensemencement tente de déclencher la pluie au Kazakhstan pour sauver les cultures. Un projet expérimental qui se heurte…

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Au Kazakhstan, un avion tire sur les nuages pour faire tomber la pluie

Un petit avion équipé de fusées d’ensemencement tente de déclencher la pluie au Kazakhstan pour sauver les cultures. Un projet expérimental qui se heurte aux caprices du ciel

Sur le tarmac d’un aéroport perdu dans les steppes arides du Kazakhstan, un petit appareil s’élance avec une mission particulière. Il part à la chasse aux nuages pour les forcer à libérer leur eau. Une technique connue sous le nom d’ensemencement des nuages, mais jamais utilisée en Asie centrale. Pour ce projet pilote, le pays collabore avec le Centre de météorologie des Émirats arabes unis, dont le pilote supervise chaque vol.

La manœuvre demande une précision redoutable. L’avion est équipé de fusées placées sous les ailes. Ces cartouches contiennent un produit qui, une fois dispersé dans un nuage, provoque la condensation et le grossissement des gouttelettes. Celles-ci deviennent trop lourdes et finissent par tomber en pluie. Mais encore faut-il trouver le bon nuage. Le pilote explique qu’il faut s’en approcher au plus près, repérer les courants ascendants, puis déclencher l’ensemencement. Un travail de funambule, loin d’être une science exacte.

Le Kazakhstan a de bonnes raisons de tenter le coup. La région du Turkestan, première zone agricole du pays, compte plus de 911 000 hectares de terres cultivées, notamment du coton. La sécheresse y ravage les récoltes et assoiffe les sols. Les autorités espèrent limiter les dégâts et augmenter les rendements. Les retombées économiques potentielles sont énormes, estimées à 35 milliards de tenge par an, soit environ 65 millions d’euros. Pourtant, les études sont formelles. Dans le meilleur des cas, la pluie artificielle ne fait grimper les précipitations que de 15 à 20%. Et l’échec reste toujours possible.

La démonstration en a apporté la preuve. Lors du vol d’essai, aucun nuage n’a été détecté dans le ciel du Turkestan. Pas une goutte n’est tombée sur cette région qui a enregistré l’an dernier un record de chaleur historique avec 44,9°C. Les responsables le reconnaissent, le résultat est aléatoire et l’opération coûteuse. L’Organisation météorologique mondiale prévient que ces investissements comportent des risques considérables. Mais elle admet aussi que la demande augmente face à la répétition des sécheresses. Et elle écarte tout danger pour la santé humaine ou l’environnement.

L’Asie centrale se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Au Kazakhstan, la Banque mondiale estime que la température moyenne pourrait augmenter de plus de six degrés d’ici la fin du siècle. En 2025, la région du Turkestan est restée huit mois entiers sans pluie, avec un taux d’humidité extrêmement bas. Dans ce contexte, la pluie artificielle ne suffira pas. Les responsables agricoles locaux insistent sur la nécessité d’agir sur tous les fronts. Il faut moderniser l’irrigation, passer au goutte-à-goutte et réparer les canaux qui fuient depuis l’époque soviétique.

À l’étranger, cette initiative suscite de la curiosité et quelques craintes. Le Kirghizstan voisin s’est demandé en juin si les nuages n’allaient pas être « volés » au passage. Les autorités kazakhes se veulent rassurantes. L’impact est local et de courte durée, sans effet sur les mouvements des masses d’air. De son côté, l’Ouzbékistan suit le projet de près et a déjà annoncé vouloir tenter ses propres essais. La chasse aux nuages ne fait que commencer dans cette partie du globe.

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