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Moyen-Orient trois puissances unissent leurs armées face aux menaces

Ryad, Ankara et Islamabad ont signé un pacte de défense à La Mecque. Une alliance qui veut peser face à l’Iran et qui montre que la région ne compte plus…

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Moyen-Orient trois puissances unissent leurs armées face aux menaces

Ryad, Ankara et Islamabad ont signé un pacte de défense à La Mecque. Une alliance qui veut peser face à l’Iran et qui montre que la région ne compte plus uniquement sur les États-Unis.

C’est un tournant stratégique qui s’est joué vendredi dans la ville sainte. L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont officialisé un accord militaire commun, scellé en présence du prince héritier Mohammed ben Salmane, du président Recep Tayyip Erdogan et du Premier ministre Shehbaz Sharif. Le texte pose une règle simple et lourde de sens. Toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une agression contre tous les autres. Une clause de solidarité totale, présentée comme un instrument de dissuasion collective.

La signature n’est pas un hasard. L’Arabie saoudite vit des semaines sous tension. Son territoire a été visé par des tirs iraniens en représailles à des bombardements américains. Et les rebelles houthis du Yémen ont repris leurs attaques contre des infrastructures pétrolières saoudiennes. Vendredi encore, une frappe dans la région frontalière de Najran a fait onze blessés civils, un événement sans précédent depuis la trêve de 2022. Dans ce climat, Ryad cherche des appuis solides. Ankara et Islamabad, alliés de Washington comme le royaume, envoient un message clair à Téhéran. Mais l’alliance est aussi un avertissement adressé aux États-Unis, de plus en plus perçus comme un partenaire peu fiable.

Les analystes y voient une recomposition profonde du Moyen-Orient. Pour Andreas Krieg, expert en sécurité, ce pacte est l’un des signes les plus nets que la région s’éloigne d’un ordre sécuritaire contrôlé par les Américains. L’Arabie saoudite voudrait devenir le parrain de la sécurité régionale et diversifier ses alliances. Le Pakistan, puissance nucléaire, et la Turquie, membre de l’Otan, y gagnent en influence et espèrent attirer des investissements saoudiens. Ankara assure que l’accord ne contredit pas ses engagements atlantiques. Ryad a de son côté démenti toute ambition nucléaire, malgré les questions posées par son précédent pacte bilatéral avec le Pakistan en septembre.

L’enjeu maritime est central dans cette alliance. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, dépend des routes de passage comme le détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb. Or l’Iran verrouille de nouveau Ormuz depuis la reprise des affrontements avec les États-Unis en juillet. Et les Houthis, soutenus par Téhéran, bloquent les navires saoudiens en mer Rouge. Téhéran assure s’être mis d’accord avec Oman sur un nouvel itinéraire de transit, mais toute réouverture dépend aussi de Washington, qui a imposé un blocus des ports iraniens. Dans ce jeu complexe, la nouvelle alliance musulmane sunnite entend peser sur toutes les voies navigables stratégiques, d’un bout à l’autre de la péninsule arabique.

Pour les trois pays, ce pacte est une marche de plus vers une autonomie militaire assumée. La Turquie et le Pakistan espèrent renforcer leur statut régional et leurs liens économiques avec Ryad. L’Arabie saoudite veut montrer qu’elle peut organiser sa défense sans attendre l’ordre de Washington. Selon le spécialiste Oumar Karim, cette entente vise clairement à répondre à la stratégie iranienne de domination du Golfe et de contrôle des détroits. Reste à savoir si cette union tiendra quand les tensions s’intensifieront. Mais une chose est sûre. Le Moyen-Orient a trouvé un nouvel équilibre, et il ne passe plus uniquement par les États-Unis.

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