Planète
La France étouffe encore et la facture des canicules donne le vertige
Quatre-vingts départements restent en alerte orange face à une chaleur qui ne lâche rien. L’été à répétition coûte déjà entre 10 et 15 milliards d’euros…

Quatre-vingts départements restent en alerte orange face à une chaleur qui ne lâche rien. L’été à répétition coûte déjà entre 10 et 15 milliards d’euros, selon le gouvernement.
La quasi-totalité de l’Hexagone sue sous un soleil impitoyable. Seuls quelques secteurs du nord-est, trois coins des Pyrénées, la Lozère et la Haute-Loire échappent au niveau orange. Partout ailleurs, le thermomètre s’emballe et Météo-France annonce que l’épisode atteint son sommet pour ces deux prochaines journées. Dès l’aube, l’air ne respirait déjà pas. Au petit matin, on relevait 27,5°C à Nice, 24,5°C à Sète, 23,5°C à Limoges et 23°C à Rennes. Une moiteur étouffante qui ne laisse aucun répit.
Dans l’après-midi, les maximales dépassent les 35°C partout, sauf sur une fine frange côtière et en altitude. Le cœur de la fournaise se situe entre le Centre-Val de Loire et la Nouvelle-Aquitaine, avec des pointes entre 38 et 40°C, parfois un peu plus. L’Île-de-France n’est pas épargnée, avec des valeurs voisines de 38°C. La bonne nouvelle tient dans le déplacement de cette masse d’air brûlante vers l’est vendredi. Le nord-ouest commencera alors à respirer, avec une baisse progressive des températures qui deviendra franchement sensible durant le week-end.
Derrière ces chiffres, il y a une facture très lourde. La ministre de la Transition écologique, qui a réuni le comité chargé d’anticiper la situation de l’eau, évalue les dégâts de ces canicules en série entre 10 et 15 milliards d’euros. Les perturbations économiques s’accumulent. Le parc nucléaire d’EDF a ainsi battu un record d’indisponibilités liées à la chaleur, sans compter l’arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines, dans le Nord. Les coupures d’eau deviennent aussi une réalité concrète. La priorité reste l’eau potable, déjà sous tension dans 50 départements, et plus de 40.000 personnes dépendent de distributions d’eau du robinet. Les petits cours d’eau vivent leur pire été jamais enregistré à cette période, avec 43% d’entre eux, soit près de 1.370 rivières, qui présentent des ruptures d’écoulement ou des assecs.
Cette chaleur qui dure s’invite aussi dans le quotidien des gens. Dans un bar de Montfort-sur-Meu, près de Rennes, la gérante raconte des après-midis déserts. Sans climatisation ni ventilateur, personne ne vient s’installer en terrasse ou à l’intérieur. L’air est trop lourd, trop invivable. En Île-de-France, un autre effet se fait sentir. La pollution à l’ozone risque de dépasser le seuil de recommandation, et le préfet de police demande aux automobilistes de différer leurs déplacements et de rouler moins vite.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série inquiétante. Il a commencé fin juillet, après une vague d’une intensité exceptionnelle fin juin et une autre, parmi les plus longues jamais vues, au début du mois de juillet. Un épisode précoce avait même eu lieu fin mai. Les scientifiques le martèlent depuis des années. Avec le réchauffement climatique provoqué par les activités humaines, ces périodes de forte chaleur deviennent plus fréquentes, plus puissantes et couvrent une plus grande partie de l’année. La France n’a pas fini de suffoquer.
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