Société
Lyhanna pousse les présidentiables à dérouler leur plan contre les violences sexuelles
L’affaire a secoué la campagne. À droite comme à gauche, les candidats multiplient les annonces pour répondre à l’urgence, entre moyens renforcés, peines…


L’affaire a secoué la campagne. À droite comme à gauche, les candidats multiplient les annonces pour répondre à l’urgence, entre moyens renforcés, peines durcies et prévention.
Derrière les mots, il y a des budgets. À gauche, Jean-Luc Mélenchon a lancé une formule qui résume l’état d’esprit les coupes budgétaires alimentent le crime. Son meeting à Saint-Denis a servi de tribune pour réclamer une révolution culturelle dans l’approche des violences sexistes et sexuelles. Même son de cloche chez Bernard Cazeneuve, qui propose de rappeler des magistrats retraités volontaires pour apurer les dossiers en souffrance. Gabriel Attal, lui, vise 3 000 recrutements de magistrats et greffiers dès 2027. Au Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella ne disent pas autre chose, même si Bardella met l’accent sur le nombre de places de prison.
Des peines plus lourdes et un contrôle renforcé des magistrats, voilà ce qui ressort des propositions de la droite et du centre. Jordan Bardella veut des peines minimales pour empêcher les récidives et la suppression des remises de peine pour les crimes les plus graves. Il demande aussi que la perpétuité soit possible pour les criminels sexuels qui s’en prennent à des mineurs. Gabriel Attal et Édouard Philippe proposent carrément de supprimer le juge d’application des peines, une idée qui ferait grincer des dents dans les tribunaux. Bruno Retailleau va encore plus loin il veut créer une cour disciplinaire spéciale pour les magistrats, en remplacement du Conseil supérieur de la magistrature qu’il juge trop laxiste.
La gauche et certains centristes misent sur une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Olivier Faure et plusieurs figures de ce camp veulent obliger les enquêteurs à réaliser une série d’actes précis audition sans délai de la victime, audition systématique de l’auteur présumé, collecte immédiate des preuves. L’idée est de réduire les classements sans suite. Édouard Philippe, lui, prône un véritable principe de précaution face aux violences faites aux enfants. Il veut une priorité absolue aux plaintes des mineurs et aux signalements. Gabriel Attal ajoute une obligation agir en moins de 48 heures pour chaque plainte pour agression sexuelle ou viol sur mineur.
La prévention et le fichage complètent le tableau. Marine Tondelier met l’accent sur l’éducation dès le plus jeune âge, avec un renforcement de la vie affective et sexuelle à l’école. Le fichage des pédocriminels fait débat la droite et le centre veulent un suivi plus strict, sur le modèle des fichés S, mais la classe politique se divise sur le périmètre réservé aux condamnés ou élargi aux simples accusés. La question de la prescription divise aussi Gabriel Attal se dit favorable à l’imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs, une position qui pourrait devenir un marqueur fort de la campagne.
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