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Le jury cannois s’apprête à dévoiler sa Palme d’or

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Les neuf membres du jury, réunis en conclave, doivent départager vingt-deux films en lice pour la récompense suprême, lors d’une cérémonie très attendue.

Alors que le rideau tombe sur une édition particulièrement éclectique, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook et ses pairs s’apprêtent à rendre leur verdict. Parmi les œuvres favorites figurent « Minotaure » et l’ambitieuse fresque queer « La Bola negra ». La compétition, riche en diversité, pourrait voir le jury adresser un message politique en couronnant le cinéaste russe exilé Andreï Zviaguintsev, dont le film, acclamé par la critique, dépeint les tourments d’un couple de la bourgeoisie russe sur fond de guerre et de délitement social.

La tradition veut que le président du jury ait le dernier mot pour l’attribution de la Palme d’or. Cependant, les jurés doivent également décerner six autres trophées, dont les prix d’interprétation féminine et masculine, lors d’une soirée qui débutera à vingt heures quinze. Les réalisateurs espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo, surnommés Los Javis et héritiers revendiqués de Pedro Almodóvar, ont marqué les esprits avec « La Bola negra », une fresque historique sur la condition homosexuelle. Les deux cinéastes ont souligné l’importance de voir un tel film en compétition, avec des protagonistes ouvertement gays interprétés par des acteurs eux-mêmes issus de la communauté.

Le jury pourrait également choisir de récompenser d’une seconde Palme d’or le Roumain Cristian Mungiu. Son film « Fjord » interroge les dérives de principes progressistes à travers l’histoire d’une famille évangélique dont les enfants sont placés par l’aide à l’enfance norvégienne, un drame inspiré de faits réels. L’actrice Renate Reinsve et son partenaire à l’écran Sebastian Stan figurent parmi les sérieux prétendants aux prix d’interprétation, tout comme l’Espagnol Javier Bardem, qui incarne un cinéaste démiurge tentant de renouer avec sa fille actrice. Le Français Swann Arlaud a également impressionné dans « Notre salut », un drame sur un fonctionnaire du régime de Vichy pris dans les rouages de la collaboration.

Les autres productions françaises en compétition ont reçu un accueil plus réservé, malgré des performances remarquées de Léa Drucker, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. Le film sud-coréen « Hope », une grosse production au budget record, a quant à lui suscité un vif enthousiasme sur la Croisette, comblant l’absence des blockbusters hollywoodiens avec ses courses-poursuites haletantes et ses scènes d’action spectaculaires.

Le festival a également été marqué par une polémique. Une tribune visant Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+, a provoqué la colère du président du groupe, Maxime Saada, qui a déclaré ne plus vouloir travailler avec les six cents signataires. Cette sortie a suscité l’incompréhension des professionnels, inquiets d’une éventuelle « liste noire » dans une industrie où Canal+ est le principal financeur. Depuis, près de trois mille personnes supplémentaires, dont quelques stars internationales comme Javier Bardem et Ken Loach, ont signé le texte.

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