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Le fantôme de l’homme en noir rattrapé par la justice française

Vingt-deux ans après la disparition de Jonathan, 10 ans, un tueur en série allemand est jugé à Nantes. L’accusé nie en bloc, mais le procès s’achève et le…

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Le fantôme de l'homme en noir rattrapé par la justice française

Vingt-deux ans après la disparition de Jonathan, 10 ans, un tueur en série allemand est jugé à Nantes. L’accusé nie en bloc, mais le procès s’achève et le verdict tombe ce jeudi.

Martin Ney, 55 ans, n’est pas un inconnu des tribunaux. Déjà condamné à perpétuité outre-Rhin pour le meurtre de trois garçons et plusieurs agressions sexuelles, il comparaît cette semaine devant la cour d’assises de Loire-Atlantique. On lui reproche la mort de Jonathan Coulom, un enfant parti en classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins dans la nuit du 6 au 7 avril 2004. Son corps, lesté d’un parpaing, avait été retrouvé 43 jours plus tard dans un étang, à trente kilomètres du centre de vacances. Depuis le début du procès, l’ancien éducateur clame son innocence. « J’ai dévoilé tout ce que j’avais à dévoiler, l’affaire Jonathan n’en fait pas partie », a-t-il répété, traduit en direct. Pas de preuves matérielles, pas d’ADN sur les 163 tomes de la procédure. Rien, sinon la conviction des enquêteurs et un témoin clé.

Ce témoin, c’est un ancien codétenu, lui-même condamné en 2020 pour fausses dénonciations. Lundi, il a affirmé devant la cour avoir recueilli les aveux de Martin Ney. Selon lui, le tueur lui aurait confié avoir été aperçu à l’époque avec un chien. Une déclaration qui fait écho au souvenir d’un agriculteur. Des années plus tôt, cet homme racontait avoir croisé, un soir d’avril 2004, une voiture immatriculée en Allemagne près du lieu de la disparition. Lui aussi était accompagné d’un berger allemand. Pour l’accusé, ces paroles sont « inventées de toute pièce ». Reste les messages postés sur un forum pédocriminel en 2004, avant même la découverte du corps. Martin Ney y écrivait que « l’homme en noir », surnom donné à l’époque à son propre tueur en série, avait « encore frappé ». À la barre, il a tenté de se distancier de ce fantôme. « Pour moi, c’était un être qui avait parfois un rapport avec mes actes, parfois pas », a-t-il expliqué, rappelant qu’un autre meurtre aux Pays-Bas avait aussi été attribué à cette figure.

Les avocates des parties civiles ont décrit une famille brisée, un « outrage » à la mémoire de l’enfant. « Peu de doutes subsistent sur la culpabilité de Martin Ney », a lancé l’une d’elles. Mardi, une psychologue experte a brossé le portrait d’un homme à l’intelligence « plutôt supérieure », qui contrôle sa parole, montre peu d’émotions et ne se laisse pas distraire. Aucun trouble psychotique n’a été retenu. Ce jeudi matin, l’avocate générale prendra ses réquisitions. La cour rendra son verdict en fin de journée. Vingt-deux ans après, la famille de Jonathan attend une réponse.

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