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16 ans requis pour trafic de cannabis la défense crie au peloton d’exécution

Au procès du clan Yoda à Marseille, le parquet a réclamé jusqu’à 16 ans de prison contre le chef présumé Félix Bingui. Ses avocats dénoncent une peine…

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16 ans requis pour trafic de cannabis la défense crie au peloton d'exécution

Au procès du clan Yoda à Marseille, le parquet a réclamé jusqu’à 16 ans de prison contre le chef présumé Félix Bingui. Ses avocats dénoncent une peine disproportionnée et un acharnement politique.

Pour la défense de Félix Bingui, les réquisitions prononcées lundi par le ministère public relèvent d’un règlement de comptes judiciaire. Me Philippe Ohayon a comparé la peine de 16 ans demandée à celle d’un violeur multirécidiviste ou d’un tireur ayant laissé une victime handicapée à vie. Il a estimé que le parquet transformait la procédure pénale en peloton d’exécution, avec un message clair : « porter sa tête sur un pic ». Selon lui, ce dossier vise surtout à faire tomber le présumé chef du clan Yoda, quitte à forcer le trait.

Les avocats ont multiplié les critiques sur la construction du dossier. Me Gaétan Poitevin, qui défend le « bras droit » de Bingui, a parlé d’une « élimination sociale » déguisée en justice. Me Philippe Jacquemin a pointé des accusations reposant sur des interprétations bancales : un simple sac plastique donné devant une épicerie devient la preuve d’une conspiration, et une seule visite à la cité de la Paternelle suffit à faire de Bingui un superviseur. Les enquêteurs principaux, rappellent-ils, sont eux-mêmes mis en examen pour faux et écoutes illégales dans une autre affaire.

Au-delà des peines, c’est le fond du procès qui est contesté. Me Ohayon a souligné que son client avait déjà bénéficié d’un non-lieu pour la charge la plus lourde, l’importation en bande organisée. Il ne reste que de la vente au détail, un trafic de cannabis comme tant d’autres. Il a dénoncé une sévérité croissante envers les trafiquants de stupéfiants, dans un pays où l’alcool et le tabac tuent bien plus. Pour lui, la France parle plus de drogue que d’éducation, et ce verdict attendu vendredi pourrait marquer un tournant dans la politique pénale à Marseille.

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