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L’armée russe s’enlise en Ukraine mais le conflit devient plus meurtrier

Les nuits de frappes massives continuent, mais au sol, l’offensive de Moscou patine. Derrière le bruit des drones, une guerre plus diffuse et plus…

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L'armée russe s'enlise en Ukraine mais le conflit devient plus meurtrier

Les nuits de frappes massives continuent, mais au sol, l’offensive de Moscou patine. Derrière le bruit des drones, une guerre plus diffuse et plus dangereuse pour les civils s’installe.

Sur le papier, la Russie bombarde toujours. Des centaines de drones et de missiles visent l’Ukraine chaque semaine. Pourtant, sur le front, les communiqués de victoire se raréfient. Les analystes le confirment : après plus de quatre ans d’invasion, l’armée russe progresse à un rythme extrêmement lent. Dans certaines zones, les forces ukrainiennes ont même repris du terrain au printemps dernier, une première depuis l’automne 2023. Ces gains restent modestes, trop faibles pour inverser le rapport de force. Mais ils révèlent une vérité crue : avancer coûte cher dans cette guerre. Les drones survolent chaque mètre, créant une zone morte de plusieurs kilomètres autour des positions. Tout mouvement devient risqué, toute attaque se paie au prix fort.

De leur côté, les Ukrainiens tiennent bon. Leurs réformes et l’essor de leur industrie de défense, notamment dans les drones, ont stabilisé la ligne de front. Le recrutement reste difficile, et l’aide occidentale cruciale. Mais l’objectif a changé. Kiev ne parle plus de reconquérir tout le territoire perdu. La priorité est désormais d’user la Russie au point de la forcer à négocier un cessez-le-feu sur les positions actuelles. Faute de moyens pour de grandes offensives, Moscou mise sur des infiltrations de petits groupes derrière les lignes ennemies. Une tactique lourde, qui peut prendre des mois avant de porter ses fruits, comme lors de la prise de Pokrovsk fin 2025. Mais elle illustre aussi les limites d’une armée qui concentre aujourd’hui ses efforts sur une seule forteresse, Kostiantynivka, sur un front long de plus de mille kilomètres.

Pendant ce temps, la guerre s’étend loin des tranchées. Les frappes en profondeur montent en puissance des deux côtés. La Russie promet des attaques systématiques contre le réseau électrique ukrainien, tandis que l’Ukraine vise chaque semaine des infrastructures pétrolières et des ponts en territoire occupé, notamment vers la Crimée. Résultat : le champ de bataille n’a plus de limites claires. L’ONU avertit que ce conflit entre dans une phase plus diffuse, mais plus meurtrière pour les civils. Les missiles et les drones frappent des villes, des routes, des dépôts. La guerre ne se gagne plus seulement en conquérant du terrain, elle se joue aussi dans la capacité à tenir, à encaisser, à faire durer l’effort. Et pour les populations, le danger est désormais partout.

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