Europe
La Roumanie change de Premier ministre pour la troisième fois en un mois
Nicusor Dan, le président roumain, a désigné dimanche Adrian Vestea pour former un nouveau gouvernement. Une décision qui survient après l’échec de…


Nicusor Dan, le président roumain, a désigné dimanche Adrian Vestea pour former un nouveau gouvernement. Une décision qui survient après l’échec de l’eurodéputé Eugen Tomac à rassembler assez de soutiens politiques.
La Roumanie traverse une crise politique intense. Ce dimanche, le président Nicusor Dan a choisi un nouveau Premier ministre, Adrian Vestea, un ancien ministre libéral de 52 ans. L’objectif reste le même : composer un gouvernement viable dans un Parlement très divisé. Et surtout, maintenir le cap pro-occidental du pays, membre de l’Union européenne et de l’Otan.
Eugen Tomac, le candidat initial, a jeté l’éponge. Ce député européen centriste espérait former un gouvernement technique, une équipe de spécialistes plutôt que de politiciens. Mais il n’a pas réussi à convaincre les formations politiques nécessaires. « À ce stade, une solution politique est la plus adaptée », a tranché le président Dan, qui refuse toujours d’ouvrir les portes du gouvernement à l’extrême droite. Adrian Vestea, lui, assume : « Je veux un gouvernement politique qui mène de vraies réformes et garde la Roumanie sur une trajectoire pro-occidentale. »
Le défi est immense. Pour être validé, le nouveau Premier ministre doit réunir 233 voix au Parlement. Aucune coalition n’atteint ce seuil aujourd’hui. La crise a commencé début mai, quand le précédent gouvernement libéral d’Ilie Bolojan a été renversé par une motion de censure. L’ancienne coalition s’est brisée sur des mesures d’austérité impopulaires, notamment la hausse des impôts pour réduire le déficit budgétaire, le plus élevé de l’Union européenne.
Les sociaux-démocrates, qui avaient quitté la coalition, se sont alliés à l’extrême droite pour faire tomber Bolojan. Mais le président a exclu toute entrée de l’extrême droite au gouvernement, et refuse aussi des élections anticipées. Résultat, le pays tourne en rond. Le parti libéral, dont Adrian Vestea est membre, est lui-même fragilisé. Ilie Bolojan, le Premier ministre déchu qui assure encore l’intérim, a dénoncé une « tentative de diviser » son parti et un « acte hostile » de la part du président.
Dans ce climat tendu, les sociaux-démocrates disent vouloir examiner la situation de près. Leur électorat fond au profit d’une extrême droite en pleine ascension, donnée gagnante dans les sondages. Adrian Vestea doit négocier avec les « partis démocratiques pro-occidentaux » pour trouver une majorité. Une mission compliquée, dans un pays où la politique s’enflamme et où chaque nomination devient un nouveau chapitre d’une saga sans fin.
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