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La nuit des négociations américano-iraniennes vire à la crise diplomatique

Les discussions entre Téhéran et Washington ont failli capoter ce week-end en Suisse. La délégation iranienne a claqué la porte après que Donald Trump a…

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La nuit des négociations américano-iraniennes vire à la crise diplomatique

Les discussions entre Téhéran et Washington ont failli capoter ce week-end en Suisse. La délégation iranienne a claqué la porte après que Donald Trump a publié un message jugé insultant, mais les pourparlers se poursuivent dans l’urgence.

Dimanche soir, l’ambiance était électrique dans l’hôtel de luxe de Bürgenstock, perché dans les Alpes suisses. Les négociateurs iraniens ont brutalement quitté la table des discussions, ulcérés par une publication du président américain sur son réseau Truth Social. Dans ce message, Donald Trump enjoignait Téhéran d’empêcher ses alliés libanais, en particulier le Hezbollah, de causer des problèmes. Faute de quoi, les États-Unis reprendraient leurs frappes. Une déclaration perçue comme une insulte directe par la délégation iranienne, qui a immédiatement suspendu les pourparlers.

Pourtant, le jeu diplomatique ne s’est pas arrêté là. Malgré ce départ fracassant, un diplomate américain a assuré que les discussions allaient se poursuivre toute la nuit. Les Iraniens, eux, sont restés engagés dans le processus, mais via des canaux indirects. Le Qatar et le Pakistan jouent les médiateurs pour maintenir le fil du dialogue. De son côté, Mohammad Bagher Ghalibaf, l’influent chef de l’équipe de négociation iranienne, a répliqué sèchement sur X en rappelant que l’armée iranienne était prête à répondre autrement si les mots n’étaient pas pesés. Un bras de fer verbale qui montre à quel point la confiance reste fragile.

Ces négociations sont cruciales. Elles doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un accord pour mettre fin au conflit qui embrase le Moyen-Orient. Tout a commencé le 28 février avec des frappes israélo-américaines sur l’Iran, qui ont fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Un protocole d’accord signé mercredi dernier prévoyait déjà que les deux parties s’engagent à ne pas menacer de recourir à la force. Mais les différends sont nombreux, notamment sur le programme nucléaire iranien, vieille pomme de discorde. La télévision d’État iranienne affirme que ce sujet n’a même pas été abordé lors de la première session de discussion. Et pour marquer leur mécontentement, les Iraniens ont refusé de poser pour une photo commune avec les Américains.

Le contexte régional n’arrange rien. Les affrontements entre Israël et le Hezbollah se poursuivent au Liban, malgré une clause de l’accord-cadre qui prévoyait la fin des hostilités sur tous les fronts. Samedi, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts dans le sud du Liban. Téhéran a réagi en fermant le détroit d’Ormuz, un geste lourd de conséquences pour le commerce mondial. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a prévenu qu’aucun accord avec les États-Unis ne serait possible sans une cessation complète des hostilités au Liban. De l’autre côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré que l’armée resterait dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne.

Malgré tout, le vice-président américain JD Vance, qui mène la délégation, s’est montré optimiste. Il a parlé de progrès considérables pour faire tenir le cessez-le-feu au Liban et espère une nouvelle page dans les relations avec le peuple iranien. Mais il a prévenu qu’il ne resterait peut-être qu’un jour ou deux en Suisse. Le temps presse. Depuis samedi, une trêve fragile est en vigueur au Liban, mais les chiffres sont lourds plus de 4 100 morts depuis début mars côté libanais, 36 militaires israéliens tués. Signe possible de détente, Israël a annoncé la levée des restrictions de rassemblement dans le nord du pays, près de la frontière libanaise. De quoi laisser entrevoir une lueur d’espoir, alors que la nuit des négociateurs s’annonce longue et décisive.

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