Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Sous 42°C la France se demande comment survivre sans clim

Avec 58 départements en vigilance rouge et un record de chaleur historique, la France étouffe. Entre canicule meurtrière et ruée sur les climatiseurs, le…

Article

le

Sous 42°C la France se demande comment survivre sans clim

Avec 58 départements en vigilance rouge et un record de chaleur historique, la France étouffe. Entre canicule meurtrière et ruée sur les climatiseurs, le pays cherche la meilleure façon de s’adapter.

Mardi a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. La moyenne des températures diurnes et nocturnes a atteint 29,9 °C, un record absolu. Et dans 30 stations de référence, le thermomètre est monté en moyenne à 38,2 °C, battant ainsi le pic de 2003. Conséquence directe : 44 millions de personnes sont désormais concernées par la vigilance rouge, des Hauts-de-France jusqu’au Sud-Ouest. Les infrastructures craquent sous la chaleur. Dans le Finistère, jusqu’à 120 000 foyers ont été privés d’électricité après un incident sur un transformateur. Près de Toulouse, un réacteur de la centrale nucléaire de Golfech a dû être mis à l’arrêt, car l’eau de la Garonne, trop chaude, ne pouvait plus le refroidir. Une immense masse d’air venue d’Afrique s’est installée sur l’Europe de l’Ouest, et des hautes pressions en altitude la compriment, rendant la canicule encore plus intense. Les scientifiques estiment que le changement climatique aggrave cet épisode de 2 à 4 °C.

La vie quotidienne est bouleversée. Plus de 8 000 établissements scolaires sont perturbés, dont 1 800 fermés. Les oraux du bac ont été reportés pour 10 000 candidats, mais les épreuves du brevet sont maintenues. Dans les hôpitaux, soignants et patients souffrent de la chaleur, dans des bâtiments mal isolés et souvent sans climatisation. La situation est encore qualifiée de normale, mais le gouvernement redoute un afflux de malades quand les organismes les plus fragiles lâcheront. Déjà, la canicule a fait une quarantaine de morts depuis le 18 juin, selon le Premier ministre, essentiellement des jeunes. Un drame illustre les inégalités : à Bègles, près de Bordeaux, un enfant rom de six ans s’est noyé dans un petit lac, alors que sa communauté, installée dans un bidonville, n’a qu’un seul point d’eau pour plusieurs centaines de personnes. Dans les écoles, une enseignante bordelaise confie qu’il fait 32 °C dans sa classe depuis une semaine. Elle ne veut pas de climatisation, mais constate que les enfants sont oubliés.

La solution la plus immédiate pour beaucoup, c’est la clim. Les ventes explosent : un grand distributeur annonce avoir vendu mille fois plus d’appareils que d’habitude en un seul jour. Mais cette ruée divise. Dans les copropriétés, certains résistent longtemps avant d’accepter l’installation, avec des règles strictes pour éviter que des climatiseurs mobiles ne fonctionnent fenêtres ouvertes, ce qui consomme et pollue davantage. Politiquement, le Rassemblement national réclame un plan massif, tandis que les écologistes jugent que la clim n’est pas une solution miracle. Des études montrent que la rénovation énergétique des logements permet de rester 10 degrés en dessous de la température extérieure, sans climatisation. Mais beaucoup de locataires se heurtent au refus des propriétaires, qui jugent les travaux trop coûteux. Le gouvernement demande à la Caisse des dépôts et à EDF de réfléchir à des solutions, et le ministre de la Transition écologique évoque un mur d’investissements à venir. En attendant, des milliers de Français continuent de chercher une bouffée d’air frais, entre ventilateurs, volets fermés et files d’attente dans les magasins.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus