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À Tyr, la vie qui renaît sous les gravats

Les habitants de la ville côtière libanaise commencent tout juste à revenir après des semaines de guerre. Entre déblaiement et réouverture des commerces…

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À Tyr, la vie qui renaît sous les gravats

Les habitants de la ville côtière libanaise commencent tout juste à revenir après des semaines de guerre. Entre déblaiement et réouverture des commerces, ils tentent de retrouver une normalité, malgré la peur d’un nouveau conflit.

Depuis l’annonce du cessez-le-feu, Bassam Khalil ne cesse d’être appelé. Ce quadragénaire possède des bulldozers et des pelleteuses, et son téléphone sonne sans arrêt. Des familles veulent dégager les débris devant leurs maisons, espérant récupérer quelques affaires. Mais la plupart du temps, il n’y a plus rien à sauver. Les frappes israéliennes ont pilonné plusieurs quartiers de Tyr, en particulier ceux près de la mer. La municipalité a recensé 60 morts, 26 immeubles entièrement détruits et près de mille habitations endommagées. Début juin, un ordre d’évacuation avait vidé la ville, y compris le quartier chrétien. Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers le nord. Aujourd’hui, plus des deux tiers sont de retour, selon les autorités locales, après l’accord entre les États-Unis et l’Iran qui a mis fin à la guerre régionale.

Pourtant, la reconstruction a déjà commencé, portée par une volonté farouche de vivre. Hussein Hassan, coiffeur de 40 ans, a rouvert son salon cette semaine. La vitrine a été soufflée par l’explosion, un mur est fissuré, mais il accueille déjà des clients. « Nous secouons la poussière et nous relevons comme le phénix », lance-t-il. À quelques rues de là, Ali Samhat supervise le déblaiement d’une supérette dont la façade a été détruite. « Ce n’est pas une frappe ou une roquette qui nous en dissuaderont », assure-t-il. La ville reprend vie, mais ce retour est teinté d’incertitude. Les troupes israéliennes sont encore positionnées dans le sud, non loin de Tyr, et beaucoup redoutent que ce calme ne soit que provisoire. « Par expérience, nous ne faisons pas confiance », confie le coiffeur, ajoutant qu’on ne peut pas « rester assis à attendre la mort ».

Au milieu des décombres, chaque objet retrouvé est une victoire sur l’oubli. Abbas Achour, 59 ans, vit et travaille en Grande-Bretagne depuis plus de vingt ans. Il est revenu pour fouiller les ruines de son immeuble, réduit en poussière le mois dernier. Il cherche en vain une trace de son passé, « jusqu’au parfum de ma maison et de mes enfants », dit-il en retenant ses larmes. Plus loin, Majd Jaffal, étudiant de 19 ans, savoure un luxe simple : la Méditerranée. « La mer nous a manqué, c’est le coeur battant de Tyr », raconte-t-il, attablé avec sa famille dans un restaurant en bord de plage. Il a déjà été déplacé trois fois. Chaque soir, il espère ne plus entendre de frappes. La ville se prépare malgré tout pour la saison estivale. Comme le dit le maire adjoint, Tyr veut croire en l’avenir.

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