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La médecine libérale entre en résistance

Les syndicats de médecins libéraux confirment un mouvement de grève à partir du 5 janvier, dénonçant une politique de santé qu’ils jugent dépréciatrice et un budget de la Sécurité sociale inacceptable.
L’ensemble des organisations professionnelles représentatives des médecins libéraux a confirmé son appel à la fermeture des cabinets à compter du début du mois prochain. Cette décision fait suite à l’adoption définitive du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, perçu comme une nouvelle atteinte à l’exercice libéral. Les praticiens annoncent également une manifestation nationale à Paris le samedi 10 janvier, marquant une mobilisation d’une ampleur inédite.
Les négociations parlementaires avaient pourtant conduit à l’abandon de certaines mesures controversées, telles qu’une taxe sur les dépassements d’honoraires ou un mécanisme permettant des baisses de tarifs unilatérales pour les actes jugés trop rentables. Cependant, le texte final conserve des dispositions vivement contestées. La principale concerne la possibilité de sanctions pécuniaires à l’encontre des médecins qui n’alimenteraient pas ou ne consulteraient pas le dossier médical partagé de leurs patients. Les syndicats estiment que cet outil numérique, réputé peu fonctionnel, ne saurait justifier de telles pénalités.
Le budget maintient par ailleurs une procédure permettant au directeur de l’Assurance maladie de réviser de manière autoritaire les tarifs de certains actes techniques, ce qui remet en cause, selon la profession, la sécurité de la relation conventionnelle. Une autre disposition supprime le remboursement des ordonnances établies par des médecins non conventionnés, créant une situation jugée incohérente par les praticiens.
Le mécontentement dépasse le seul cadre budgétaire. Les généralistes s’opposent fermement à un article du projet de loi contre la fraude, qui prévoit de placer sous surveillance les médecins prescrivant plus d’arrêts maladie que la moyenne de leurs confrères, avec à la clé de possibles sanctions. Enfin, la profession rejette des propositions de loi visant à réglementer l’installation des nouveaux praticiens pour lutter contre les déserts médicaux, y voyant une entrave à la liberté d’exercice.
En signe de protestation radicale, une organisation de chirurgiens, d’anesthésistes et de gynécologues-obstétriciens a annoncé le départ symbolique de plusieurs milliers de ses membres pour Bruxelles à partir du 11 janvier. Cette initiative vise à contester le dispositif de réquisition pouvant être activé par les autorités en période de mouvement social.

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