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La Hongrie choisit pour président le juge qui avait dit non à Viktor Orban

Andras Baka, 73 ans, a été élu chef de l’État par le Parlement. Un symbole fort après des années de pouvoir illibéral.

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La Hongrie choisit pour président le juge qui avait dit non à Viktor Orban

Andras Baka, 73 ans, a été élu chef de l’État par le Parlement. Un symbole fort après des années de pouvoir illibéral.

Le Parlement hongrois a porté à la présidence de la République un ancien magistrat connu pour avoir tenu tête au régime de Viktor Orban. Andras Baka, 73 ans, a recueilli 140 voix pour, 6 contre et aucune abstention, grâce à la majorité des deux tiers dont dispose le parti Tisza du Premier ministre Peter Magyar. Le Fidesz, la formation de l’ex-dirigeant nationaliste, a refusé de participer au scrutin, dénonçant une procédure illégitime après l’éviction du précédent président.

Ce choix est lourd de sens. En 2012, Andras Baka présidait la Cour suprême quand il a dénoncé une purge déguisée derrière la baisse de l’âge de départ à la retraite des juges. Il a été limogé, puis a obtenu raison devant la Cour européenne des droits de l’homme, qui a reconnu le caractère politique de son renvoi. Un retour au premier plan qui envoie un message clair aux partenaires européens de la Hongrie, explique l’analyste Bulcsu Zsiga. Pour lui, c’est la garantie que la restauration de la démocratie libérale suivra une ligne claire.

L’ancien juge à la CEDH, élu député conservateur en 1990, n’était pas le premier choix de Peter Magyar. Le chef du gouvernement avait d’abord proposé ce poste à la championne d’échecs Judit Polgar, qui a refusé. Le parti Tisza a ensuite tranché entre trois candidats, à bulletins secrets, en faveur d’Andras Baka. Son arrivée intervient dans un contexte tendu, car la destitution de Tamas Sulyok, le précédent chef de l’État, a été critiquée par des ONG comme Human Rights Watch. Elles y voient des méthodes proches de celles utilisées par le régime sortant pour remodeler les institutions.

Andras Baka lui-même avait jugé cette destitution contraire à l’État de droit, tout en estimant que la Hongrie était devenue un État captif sous Viktor Orban. Le nouveau président n’exercera d’ailleurs qu’une partie de son mandat, le temps que la Constitution soit réécrite, soit un an à dix-huit mois. Peter Magyar promet d’entamer des consultations à ce sujet.

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