Économie
La flambée du pétrole éteint l’élan des Bourses avant les rendez-vous sur l’inflation américaine
Wall Street s’annonce stable et l’Europe piétine. La montée du brut en raison des tensions au Moyen-Orient pousse tout le monde à la prudence.


Wall Street s’annonce stable et l’Europe piétine. La montée du brut en raison des tensions au Moyen-Orient pousse tout le monde à la prudence.
Les investisseurs retiennent leur souffle. À New York, les contrats à terme sur les principaux indices pointent vers une ouverture quasi à l’identique ce mardi. Le Dow Jones recule de 0,03%, le Standard & Poor’s-500 avance de 0,12% et le Nasdaq de 0,28%. En Europe, le CAC 40 cède 0,15% à 8.712,51 points, le Dax à Francfort perd 0,04% et le FTSE 100 à Londres prend 0,07%. Le mouvement est maigre, hésitant, comme si personne n’osait bouger.
Ce qui freine les ardeurs, c’est le pétrole. Les cours continuent de grimper alors que les négociations diplomatiques restent bloquées autour du détroit d’Ormuz. Le Brent s’échange à 89,24 dollars le baril, en hausse de 1,73%, tandis que le brut léger américain gagne 1,92% à 83,71 dollars. Aucune issue claire ne se dessine, explique Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank. Il souligne que les perturbations en cours sont significatives. Le président américain Donald Trump a répondu aux conditions posées par l’Iran en exigeant que Téhéran verse des indemnités aux familles des personnes tuées lors de guerres, d’attaques et de manifestations. L’impasse persiste et les prix restent proches de leurs plus hauts niveaux depuis fin juillet.
La hausse du brut ravive la crainte de l’inflation et tempère l’appétit pour le risque. Les valeurs du pétrole et du gaz en profitent, leur indice sectoriel européen avançant de 1,55%. Mais l’attention se porte surtout sur les statistiques américaines à venir. Les prix à la consommation seront publiés mercredi, ceux à la production jeudi. Ces chiffres doivent éclairer la trajectoire des taux de la Réserve fédérale. Les opérateurs sont presque partagés entre un statu quo et une hausse en septembre. Le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a déjà fait connaître son manque d’enthousiasme pour les indications prospectives.
Dans ce contexte, la technologie émerge comme la seule vraie lumière. Le secteur gagne 0,99% en Europe et affiche une progression de 24% depuis le début de l’année. La demande en puces, en centres de données et le déploiement plus large de l’intelligence artificielle soutiennent les cours. Pour autant, tout le monde n’est pas à la fête. InterContinental Hotels Group recule de 0,6% après avoir perdu plus de 2% à l’ouverture, en raison d’un ralentissement de la croissance de son revenu au deuxième trimestre, notamment sous l’effet du conflit au Moyen-Orient.
Côté dettes publiques, les taux remontent dans le sillage du pétrole. Le Bund allemand à dix ans gagne 1,5 point de base à 3,1925%. Le rendement du Trésor américain à dix ans atteint 4,7252%. Le dollar reste stable, l’euro s’échange à 1,1537 dollar. Aucun indicateur économique majeur n’est programmé aujourd’hui, ce qui laisse la place aux spéculations et à l’attente.
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