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La fiabilité des tests salivaires de stupéfiants au volant en question

Près de 15% des tests salivaires effectués lors de contrôles routiers seraient des faux négatifs, tandis que 2% seraient des faux positifs. Consommation…

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La fiabilité des tests salivaires de stupéfiants au volant en question

Près de 15% des tests salivaires effectués lors de contrôles routiers seraient des faux négatifs, tandis que 2% seraient des faux positifs. Consommation de CBD, médicaments et erreurs de manipulation alimentent les critiques contre ces dispositifs pourtant essentiels à la sécurité routière.

En France, les policiers et gendarmes ont réalisé plus d’un million de dépistages de stupéfiants en 2024. Mais une étude récente sur un échantillon de plus de 2 300 tests, menée entre début 2025 et le printemps 2026, montre des failles préoccupantes. Près de 15% des résultats sont des faux négatifs, ce qui signifie que des conducteurs sous influence passent inaperçus. Et 2% sont des faux positifs, exposant des automobilistes innocents à des sanctions lourdes. Les experts en toxicologie pointent des problèmes techniques et des seuils de détection mal calibrés.

Le cannabis concentre la majorité des difficultés. Le test salivaire utilisé ne détecte le THC, le principe psychoactif, qu’à partir d’un seuil cinq fois supérieur au seuil légal de détection en laboratoire. Cela explique une partie des faux négatifs. À l’inverse, le CBD, pourtant légal avec une limite de 0,3% de THC, peut déclencher un test positif pendant une à deux heures après sa consommation. Certains médicaments courants comme les décongestionnants, les antidépresseurs ou les antitussifs sont également capables de fausser les résultats. Même une simple exposition passive à la fumée de cannabis peut suffire à être détectée positive lors de l’analyse en laboratoire.

Les conséquences juridiques sont lourdes. En cas de premier test positif, le permis peut être retenu immédiatement. Un second test positif entraîne une suspension administrative pouvant aller jusqu’à un an, puis une peine de suspension judiciaire de cinq ans maximum. Depuis mars 2025, la Cour de cassation a assoupli les obligations des forces de l’ordre. Elles ne sont plus tenues de prouver la fiabilité du test lors du contrôle. Contester devient donc plus difficile, même si une contre-expertise en laboratoire reste possible en théorie.

Un chauffeur routier de 43 ans témoigne de son calvaire. Contrôlé positif après être sorti d’une boutique de CBD, il affirme n’avoir jamais consommé de THC. Il raconte que les policiers ont mal effectué le test, lui arrachant le dispositif des mains à deux reprises. Personne ne lui a proposé de contre-expertise, au contraire on l’en a dissuadé, dit-il. Il a été condamné à 1 200 euros d’amende et à l’annulation de son permis. Aujourd’hui, il conteste et attend un nouveau jugement. Son avocate dénonce le flou juridique autour du CBD une substance légale qui peut pourtant faire perdre son permis.

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