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La Fed garde ses taux mais prépare déjà la suite

La Réserve fédérale américaine laisse ses taux inchangés pour la quatrième fois consécutive. Mais les banquiers centraux laissent entendre qu’une hausse…

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La Fed garde ses taux mais prépare déjà la suite

La Réserve fédérale américaine laisse ses taux inchangés pour la quatrième fois consécutive. Mais les banquiers centraux laissent entendre qu’une hausse pourrait survenir d’ici la fin de l’année.

Les taux d’intérêt américains restent donc compris entre 3,50% et 3,75%, un niveau qui n’a pas bougé depuis décembre. Cette décision a été prise à l’unanimité des douze votants, une première depuis un an. Les investisseurs s’y attendaient, mais la vraie surprise est ailleurs. Les responsables monétaires ont en effet revu leurs prévisions à la hausse pour l’inflation et suggèrent qu’un resserrement monétaire est possible dans les mois à venir. D’après leurs projections, les taux pourraient grimper entre 3,75% et 4% d’ici fin 2026. Un net changement de ton par rapport à mars où ils tablaient encore sur une baisse.

Cette volte-face s’explique par la flambée de l’inflation, qui a bondi à son plus haut niveau depuis trois ans aux États-Unis. La cause principale est le choc énergétique provoqué par les tensions au Moyen-Orient. Les banquiers centraux anticipent désormais une hausse des prix de 3,6% sur un an fin 2026, contre 2,7% prévu en mars. Ils restent toutefois moins inquiets pour l’emploi, avec un chômage attendu à 4,3% seulement. La croissance, elle, serait légèrement revue à la baisse à 2,2%. En attendant que la situation géopolitique s’apaise et que le détroit d’Ormuz rouvre, la Fed semble prête à agir si l’inflation ne reflue pas.

Cette première réunion sous la présidence de Kevin Warsh a aussi donné le ton de son style. Son communiqué final est plus court que celui de son prédécesseur Jerome Powell. Warsh estime que la Fed communique trop et qu’elle pèse démesurément sur l’économie avec ses actifs. Il s’est même abstenu de publier ses propres prévisions, jugeant cet exercice inutile, voire contre-productif. Mais les marchés peinent encore à cerner sa ligne directrice. Est-il un faucon, obsédé par la lutte contre l’inflation, ou une colombe, favorable à des taux bas pour soutenir la croissance ? Ancien gouverneur lors de la crise de 2008, longtemps perçu comme un faucon, Warsh a semblé plus souple pendant sa campagne pour la présidence. Certains analystes y voient un pragmatisme politique, ses mandats courant jusqu’en 2030, bien au-delà du mandat de Donald Trump.

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