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La CPME tire sa révérence et laisse place aux Entrepreneurs
L’ancienne Confédération générale des petites et moyennes entreprises change de nom pour mieux rassembler et peser dans le débat public. Son président…


L’ancienne Confédération générale des petites et moyennes entreprises change de nom pour mieux rassembler et peser dans le débat public. Son président Amir Reza-Tofighi mise sur un grand rendez-vous annuel au Parc des Princes pour marquer ce tournant.
C’est un virage à 180 degrés pour la deuxième organisation patronale française. La CPME n’existe plus. Place à « Les Entrepreneurs ». Ce nouveau nom, adopté à l’unanimité des bureaux régionaux avec seulement quatre ou cinq abstentions, veut remettre les chefs d’entreprise au cœur de l’actualité. Amir Reza-Tofighi, 41 ans, l’assume sans détour. Il veut séduire tous ceux qui ne sont pas encore membres, quelle que soit la taille de leur société. L’idée est claire. Gagner en poids collectif pour devenir une force de proposition plus percutante. Même les anciens présidents Jean-François Roubaud et François Asselin ont été prévenus du changement. Un geste d’apaisement, alors que le prédécesseur avait déjà simplifié le nom en 2017 en passant de CGPME à CPME.
Ce renouveau se concrétise dès jeudi avec la « Grande assemblée des Entrepreneurs », un événement inédit organisé au Parc des Princes. Près de 4 000 personnes sont attendues dans l’enceinte du stade parisien, avec un dispositif spécial pour gérer la canicule. Au programme, des invités de marque comme le prix Nobel d’économie Philippe Aghion ou le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin. Amir Reza-Tofighi devrait en profiter pour dévoiler ses ambitions pour l’économie française, à moins d’un an des élections présidentielle et législatives. Il vise une croissance à 2% lors du prochain quinquennat, contre moins de 1% actuellement. Un cap nécessaire selon lui pour financer le modèle social et les grandes transitions. Dans une interview au Figaro, il a aussi dénoncé la lenteur des hausses de salaires et appelé à revoir la mécanique des allègements de charges.
Ce changement ne signifie pas une guerre ouverte avec le Medef, première organisation patronale. Amir Reza-Tofighi assure vouloir une parole complémentaire, pas rivale. Mais son style tranche. Fils d’immigrés iraniens, il a cofondé à 20 ans l’entreprise de services à la personne Vitalliance, qui emploie aujourd’hui 13 500 personnes. Il assume son rythme et ses risques. Il a embauché une équipe informatique de douze personnes, là où il n’y avait personne il y a un an. Il a recruté de nouveaux responsables et lancé une « Fabrique des entrepreneurs », un laboratoire de prospective avec économistes et experts. Seul bémol, il a dû reporter à l’automne la présentation de nouveaux statuts, face aux interrogations de certains adhérents. Qu’importe. Comme il le dit lui-même, il préfère aller vite et parfois brusquer. C’est le défaut de l’entrepreneur, mais aussi sa force pour faire avancer les choses.
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