Économie
La Bourse de Milan bat des records mais perd ses entreprises : le paradoxe qui secoue l’Europe
La place financière italienne n’a jamais été aussi riche, avec plus de 1 077 milliards d’euros de capitalisation. Pourtant, les sociétés cotées sont de…
La place financière italienne n’a jamais été aussi riche, avec plus de 1 077 milliards d’euros de capitalisation. Pourtant, les sociétés cotées sont de moins en moins nombreuses. Un phénomène qui dépasse largement les frontières de l’Italie.
C’est un drôle de record pour la Bourse de Milan. Jamais sa capitalisation totale n’avait atteint un tel sommet. Mais en parallèle, le nombre d’entreprises présentes sur Euronext Milan continue de fondre. En 2025, 21 nouvelles sociétés ont fait leur entrée, mais 30 ont quitté la cote. Le solde est négatif, comme en 2024 où, pour la première fois en dix ans, les retraits avaient dépassé les introductions. Ce n’est pourtant pas un signe de faiblesse économique. Beaucoup d’entreprises qui partent sont solides et rentables. Ce qui change, c’est la manière dont les dirigeants et les investisseurs voient la Bourse. Pour eux, elle n’est plus l’unique voie vers la croissance.
Trois grandes tendances expliquent ce mouvement. D’abord, le private equity séduit de plus en plus. Les fonds d’investissement offrent des valorisations souvent plus intéressantes et une flexibilité que le marché public a du mal à garantir, surtout pour les entreprises de taille moyenne. Ensuite, les sociétés technologiques et innovantes tournent leur regard vers les États-Unis. New York et le Nasdaq promettent des capitaux plus abondants, une meilleure visibilité et un écosystème plus favorable. Pour elles, la cotation européenne devient une simple étape, pas une fin en soi. Une fois qu’elles ont grandi, elles partent vers le private equity, une fusion ou un marché plus dynamique.
Cette tendance n’est pas italienne, elle est européenne. À Londres, les retraits de cote dépassent les introductions depuis plusieurs années déjà. À Paris, seulement deux IPO significatives ont eu lieu en 2025, contre 32 en 2021. Francfort et Amsterdam ne font pas mieux. Le problème est structurel : l’Europe manque d’une véritable union des marchés de capitaux, malgré des promesses vieilles de plus de dix ans. Sans fonds de pension capables de soutenir massivement les actions locales, les places financières du Vieux Continent peinent à retenir leurs champions. La Bourse se concentre sur les géants, tandis que les entreprises de taille intermédiaire cherchent leur financement ailleurs, loin des projecteurs publics.
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