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Kevin Warsh face au piège de Trump : baisser les taux ou lutter contre l’inflation ?

Le nouveau patron de la Fed s’apprête à livrer sa première conférence de presse sous pression. Entre les ordres du président américain et une inflation…

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Kevin Warsh face au piège de Trump : baisser les taux ou lutter contre l’inflation ?

Le nouveau patron de la Fed s’apprête à livrer sa première conférence de presse sous pression. Entre les ordres du président américain et une inflation qui flambe, son équilibre s’annonce périlleux.

Kevin Warsh n’a pas encore pris la parole que les marchés retiennent leur souffle. Ce mercredi 18h30 GMT, le nouveau président de la Réserve fédérale doit commenter une réunion qui s’achève par un statu quo : les taux directeurs restent entre 3,50 % et 3,75 %, pour la quatrième fois consécutive. En apparence, rien de neuf. Mais l’enjeu est ailleurs.

Car derrière ce maintien se cache un dilemme explosif. Donald Trump veut des taux bas pour doper l’économie américaine, alors même que l’inflation repart à la hausse. La guerre au Moyen-Orient a fait flamber les prix de l’énergie. Et la hausse du pétrole se répercute sur tout le reste. La Fed doit-elle céder aux injonctions présidentielles ou garder le cap contre la hausse des prix ?

Kevin Warsh n’est pas un inconnu. Il a déjà siégé au conseil des gouverneurs pendant la crise de 2008. Mais son profil intrigue et inquiète. Longtemps considéré comme un “faucon” partisan d’une politique monétaire stricte, il s’est montré plus souple lors de sa campagne pour obtenir le poste. Une souplesse que certains jugent opportuniste. Steve Sosnick, analyste financier, résume l’état d’esprit des investisseurs : personne ne sait si Warsh est un faucon, une colombe ou pire un faucon déguisé en colombe. Autrement dit, on doute de sa capacité à résister aux pressions politiques.

Trump a déjà prouvé qu’il ne recule devant rien pour peser sur la Fed. Il a tenté d’évincer Jerome Powell, le précédent président, qui avait tenu tête au locataire de la Maison Blanche. Powell est parti avec une réputation solide. Warsh, lui, ne cache pas son mépris pour l’héritage de son prédécesseur : il trouve que la Fed communique trop et qu’elle détient trop d’actifs. Un discours qui pourrait servir les intérêts de Trump, mais pas forcément ceux de la stabilité économique.

Reste un problème de taille. Même si Warsh voulait baisser les taux, il n’a pas la main. La guerre contre l’Iran a déclenché un choc énergétique qui propulse l’inflation à son plus haut niveau depuis trois ans. Les douze votants du comité de politique monétaire ne suivront pas aveuglément un président jugé trop politique. La seule lueur d’espoir viendrait d’une détente diplomatique avec Téhéran, qui ferait refluer le pétrole. Mais pour Pao-Lin Tien, économiste, il est trop tôt pour souffler. Tant que le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert, les risques persistent. Et le nouveau patron de la Fed devra danser sur une corde raide, entre un président impatient et une inflation qui ne demande qu’à s’emballer.

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