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Keiko Fujimori en tête au Pérou, la gauche refuse de s’incliner
La candidate de droite devance son rival de gauche de plus de 43 000 voix, mais Roberto Sanchez dénonce des irrégularités et promet de ne pas reconnaître…


La candidate de droite devance son rival de gauche de plus de 43 000 voix, mais Roberto Sanchez dénonce des irrégularités et promet de ne pas reconnaître le résultat. Le pays, miné par une instabilité chronique, pourrait replonger dans une crise politique.
À l’heure où 99,86% des bulletins sont dépouillés, Keiko Fujimori recueille 50,12% des voix contre 49,88% pour Roberto Sanchez. L’écart est infime mais suffisant pour que le camp fujimoriste se prépare à l’emporter. Il ne reste plus que 131 procès-verbaux contestés à examiner, représentant environ 39 300 votes. Même si tous basculaient en faveur de la gauche, cela ne suffirait pas à combler le retard. Une victoire qui marquerait le retour au pouvoir du fujimorisme, plus de vingt ans après la chute de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori, décédé en 2024.
Mais Roberto Sanchez ne l’entend pas de cette oreille. Le député et ancien ministre de 57 ans estime qu’il y a eu une grave entorse au processus électoral. Il pointe du doigt le vote des Péruviens de l’étranger, environ 300 000 suffrages qui auraient massivement favorisé la droite. Selon lui, des problèmes administratifs et de conservation du matériel électoral ont faussé le résultat. Il a demandé l’annulation pure et simple de ce vote. Si on l’excluait du comptage, Sanchez prendrait la tête avec 25 000 voix d’avance. Mais le Jury national des élections a jugé sa requête irrecevable, la considérant trop tardive. De son côté, le parti Fuerza Popular reste prudent et dit attendre le dépouillement complet avant de se proclamer vainqueur.
Ce scrutin est l’un des plus serrés de l’histoire récente de l’Amérique latine. Il met en lumière les fractures profondes du Pérou, pays riche en cuivre mais rongé par les inégalités sociales et la production de cocaïne. Keiko Fujimori a fait campagne sur la sécurité et la lutte contre le crime organisé, surfant sur l’héritage contrasté de son père. Alberto Fujimori est crédité d’avoir mis fin aux guérillas maoïstes et guévaristes, mais il a aussi été condamné pour deux massacres de civils. Sanchez, lui, a mis l’accent sur le renforcement des institutions et la réduction des inégalités. Le vainqueur prêtera serment le 28 juillet pour un mandat de cinq ans, succédant au président par intérim José María Balcazar. Le Pérou, qui a vu défiler huit présidents depuis 2016, retient son souffle.
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