Politique
Ils veulent sauver la pêche française, les marins se réunissent à Cherbourg
La flotte vieillit, le gazole flambe et l’espace marin se réduit. Pourtant, des jeunes marins continuent de rêver de liberté sur l’eau.


La flotte vieillit, le gazole flambe et l’espace marin se réduit. Pourtant, des jeunes marins continuent de rêver de liberté sur l’eau.
Pendant deux jours, les professionnels de la pêche ont posé leurs cirés à Cherbourg pour leurs assises annuelles. Derrière les tables rondes et les discours, une urgence tient tout le monde en alerte. Le prix du gazole marin a flambé. Pour certains armateurs, le carburant représente jusqu’à 60% du chiffre d’affaires. Résultat beaucoup de bateaux ont dû lever le pied, voire rester à quai. L’annonce d’une accalmie au Moyen-Orient fait espérer une baisse des prix mais personne ne crie victoire. La crise actuelle a remis sur le tapis un vieux serpent de mer le renouvellement de la flotte.
Car les bateaux français sont fatigués. Huit sur dix mesurent moins de douze mètres. Beaucoup ont plus de trente ans. Les équipages aussi vieillissent. Pour Olivier Le Nézet, le président du comité national des pêches, le cap est clair il faut moderniser pour répondre au changement climatique et garantir la souveraineté alimentaire. Mais pour ça, il faut de l’argent. De l’Europe et de l’État. Et de la stabilité. Le secteur sort à peine du Brexit, il redoute une nouvelle fermeture du Golfe de Gascogne en 2027 pour protéger les dauphins. Difficile d’investir dans du neuf quand le cadre réglementaire bouge sans cesse.
La question de l’espace est tout aussi brûlante. En Normandie, les pêcheurs artisans doivent composer avec les chantiers d’éoliennes en mer, les aires marines protégées et le trafic maritime. La bande côtière des douze miles nautiques est au cœur des discussions. Certains voudraient l’interdire aux plus gros navires de plus de 25 mètres. La ministre de la Mer, Catherine Chabaud, attendue jeudi, doit s’exprimer sur cette cohabitation des usages. Entre deux tables rondes sur la coquille Saint-Jacques et la formation des jeunes, l’ambition est de trouver des solutions pour que la pêche française ne coule pas.
Malgré les galères, l’envie de prendre le large résiste. Quelques jeunes marins sont venus raconter leur métier. Dur, oui. Mais synonyme de liberté. L’un d’eux, Jules Sagot, embarque sur le bateau de son père dans les Hauts-de-France. Sa vision du bureau le meilleur du monde c’est le lever et le crépuscule sur l’eau. Son ambition devenir patron de pêche. Un message d’espoir dans un secteur qui en a bien besoin.
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