Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Ils ont capté la signature de l’horizon d’un trou noir

Pour la première fois, des astrophysiciens ont réussi à extraire la trace de l’horizon d’un trou noir à partir d’ondes gravitationnelles. Une prouesse…

Article

le

Ils ont capté la signature de l’horizon d’un trou noir

Pour la première fois, des astrophysiciens ont réussi à extraire la trace de l’horizon d’un trou noir à partir d’ondes gravitationnelles. Une prouesse technique qui ouvre une fenêtre sur la zone la plus extrême de l’Univers.

Ce point de non-retour, personne ne l’a jamais vu. L’horizon d’un trou noir, c’est cette frontière invisible où la gravité devient si forte que même la lumière se fait piéger. Impossible donc d’observer directement ce qui s’y passe. Mais une équipe internationale de chercheurs vient de trouver une autre façon d’y jeter un œil. Grâce à la collision de deux trous noirs, ils ont capté ce qu’ils appellent les premières “empreintes” de l’horizon. L’événement s’est produit en janvier 2025. Baptisé GW250114, il a été enregistré par l’observatoire LIGO aux États-Unis. En analysant les ondes gravitationnelles les plus puissantes jamais détectées, les scientifiques ont isolé la toute dernière bouffée d’énergie émise juste avant que les deux trous noirs ne fusionnent. C’est ce signal, surnommé les “ondes directes”, qui a transporté des informations venues de régions beaucoup plus proches de l’horizon que tout ce qu’on avait pu observer jusqu’ici.

Pour comprendre, imaginez une cuillère qui tourne dans un verre d’eau. La cuillère, ce sont les trous noirs en rotation. Le mouvement crée des remous dans l’espace-temps, des ondes qui filent à la vitesse de la lumière. Quand la cuillère est assez près de la paroi du verre, autrement dit de l’horizon, les vagues qu’elle produit contiennent des indices sur ce qui se passe juste au bord. C’est exactement ce que les chercheurs ont détecté. Ils ont notamment observé un phénomène appelé “traînée de référentiel”, une distorsion de l’espace provoquée par la rotation des trous noirs. À terme, l’équipe espère même capter des signes de fluctuations quantiques, ce qui pourrait révéler des comportements que la relativité générale d’Einstein ne prévoit pas.

Mais tout le monde ne crie pas victoire. Plusieurs spécialistes, interrogés par l’AFP, tempèrent l’enthousiasme. Pour Francesco Sannino, physicien théoricien, l’analyse est “remarquable” et “convaincante”, mais elle doit encore être confirmée par d’autres équipes. Maximiliano Isi, astrophysicien à Columbia, juge ces travaux “prometteurs” pour comprendre comment l’espace et le temps s’entrelacent. En revanche, Sean McWilliams, de l’université de Virginie-Occidentale, reste sceptique. Selon lui, la fréquence des ondes analysées n’est pas forcément liée à l’horizon, et le signal ne nous apprendrait donc rien de vraiment nouveau sur cette zone. L’auteur principal de l’étude, Sizheng Ma, préfère voir la controverse comme une étape normale. Il prépare déjà un nouvel article pour clarifier les éventuelles mauvaises interprétations. Une chose est sûre le débat ne fait que commencer.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus