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Il se rêvait blanc et traitait les autres de « sous-races »
Au procès de six sympathisants d’ultradroite, dont deux militaires, le tribunal a tenté de percer la carapace d’Hisham L., un jeune homme qui rejette ses…


Au procès de six sympathisants d’ultradroite, dont deux militaires, le tribunal a tenté de percer la carapace d’Hisham L., un jeune homme qui rejette ses origines métisses et clame sa haine des « sous-races ».
Ce mardi, à Paris, s’est ouvert un procès qui plonge dans les entrailles de l’ultradroite la plus radicale. Six hommes sont jugés pour association de malfaiteurs terroriste. Parmi eux, Hisham L., 22 ans, fasciné par le nazisme. Dans le box, il refuse de répondre. Il parle d' »interrogatoire politique », de « questions sans intérêt ». La présidente insiste, lui montre des images de symboles nazis retrouvées chez lui. Hisham L. hausse les épaules. Il nie tout projet d’attentat. Pourtant, les enquêteurs ont découvert chez lui de l’explosif, des armes, et des conversations dans des groupes aux noms évocateurs comme « Nazi de France » ou « Division homophobe belgo-française ».
Son discours est d’une violence crue. Il qualifie les autres de « sous-races ». Interrogé sur ce terme, il répond que c’est « du français », que cela « veut dire ce que ça veut dire ». À ses propres frère et sœur, il adressait cette insulte. La présidente lui demande s’il se considère lui-même comme une sous-race. Silence. Il refuse de répondre. Puis il lâche une phrase glaçante : il aurait voulu être « tout sauf métis ». Sa mère avait raconté aux enquêteurs que son fils aurait voulu être blanc. Lui acquiesce. Il assume son dégoût pour le mélange des peuples. Il dit aujourd’hui ne plus ressentir de « haine pour les migrants », juste du « mépris ».
Son histoire personnelle éclaire son rejet. Né d’un père marocain et d’une mère japonaise, il a grandi dans une famille fracturée. Son père était en prison pour trafic de stupéfiants. Sa mère est partie vivre au Japon. Lui a été placé à l’Aide sociale à l’enfance. Dans sa tête, il se faisait appeler Sam, pas Hisham. Il a commencé à taguer des croix gammées, à faire des saluts nazis dans la rue. Un jour, il s’est promené en forêt vêtu d’une tenue du Ku Klux Klan. Il dit que c’était un canular. Mais la présidente a fini par trouver une brèche. Elle lui parle de ses cicatrices sur l’avant-bras, des marques d’automutilation en détention. Il explique qu’il ne supportait plus l’enfermement. Puis il ajoute, à voix basse : « Et aussi la haine envers moi-même. »





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