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Il a survécu à l’exil et à la maladie, aujourd’hui il veut diriger la Colombie
Fils d’un sénateur assassiné, Ivan Cepeda a passé sa vie à défendre les droits humains. À 63 ans, ce professeur de philosophie devenu sénateur espère…


Fils d’un sénateur assassiné, Ivan Cepeda a passé sa vie à défendre les droits humains. À 63 ans, ce professeur de philosophie devenu sénateur espère succéder à Gustavo Petro et devenir le deuxième président de gauche du pays.
Ivan Cepeda n’a pas eu une enfance ordinaire. À trois ans, il doit quitter la Colombie après l’assassinat de son père, un sénateur communiste tué par des paramilitaires. Direction la Tchécoslovaquie, la Bulgarie, Cuba. Un exil imposé qui forge sa détermination. De retour au pays, il se consacre aux victimes du conflit armé et participe aux négociations qui aboutissent à l’accord de paix historique de 2016 avec les Farc. Député en 2010, sénateur depuis 2014, il se présente aujourd’hui comme le candidat naturel de la continuité. « J’ai survécu au génocide, à la stigmatisation et à une persécution implacable. Et je suis toujours là, debout », lance-t-il en campagne, toujours vêtu d’une chemise caribéenne sans cravate.
Son calme apparent cache une ténacité d’acier. Les adversaires le qualifient d’« héritier des Farc » sans apporter de preuves, et lui reprochent la politique de « paix totale » qui aurait, selon eux, renforcé les groupes armés. Mais Cepeda ne s’émeut pas. Il est surtout connu pour avoir fait condamner l’ancien président Alvaro Uribe à douze ans d’assignation à résidence pour avoir soudoyé des paramilitaires. Une sentence ensuite annulée, mais qui reste un symbole. Avec Gustavo Petro, il a dénoncé sans relâche les liens entre la droite et les milices. Son ami Leon Valencia le décrit comme « un stratège qui réfléchit sur le long terme » et que « personne ne parvient à faire sortir de ses gonds ».
Ce fils d’exilé rejette pourtant le communisme. Il défend un « capitalisme productif et diversifié » et promet d’accélérer les réformes sociales qu’il appelle des « révolutions », avec une forte hausse du salaire minimum. Admirateur de Gandhi, auteur de livres sur Freud et Foucault, il se dit progressiste. Dans ses meetings, il s’entoure d’indigènes, de paysans et de victimes du conflit. Sa vie a été marquée par la mort de sa mère à 37 ans, l’assassinat de son parrain politique en 1990, et un cancer du foie dont il est aujourd’hui guéri. « J’ai eu peur de mourir », a-t-il confié en 2022. Aujourd’hui, sans enfant, il vit avec sa femme et leurs trois chiens chow-chow, et prépare son prochain combat.
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