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Algues vertes en Bretagne la Cour des comptes étrille l’inaction de l’État

Un nouveau rapport accablant pointe les lacunes de l’État face à la marée verte. La prolifération des algues ne recule pas, malgré des moyens en hausse.

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Algues vertes en Bretagne la Cour des comptes étrille l'inaction de l'État

Un nouveau rapport accablant pointe les lacunes de l’État face à la marée verte. La prolifération des algues ne recule pas, malgré des moyens en hausse.

Les chiffres sont implacables. En 2024, 93% des échouages d’algues vertes en France se sont produits en Bretagne. Plus de 2 000 hectares de plages et de vasières en ont été recouverts. Un nouveau rapport de la Cour des comptes et de la chambre régionale des comptes, consulté avant sa publication, tire la sonnette d’alarme. Il pointe une responsabilité claire. Les algues vertes sont la conséquence directe d’un excès de nitrates dans les cours d’eau, issus à plus de 90% de l’agriculture. Pour les scientifiques cités dans le rapport, pas de doute. Sans une transformation profonde du modèle agricole actuel, réduire durablement les flux de nitrates est illusoire.

L’argent investi a pourtant augmenté ces dernières années. Mais le constat reste préoccupant. Le rapport souligne que 84% des surfaces bretonnes touchées par les algues vertes se trouvent sur des vasières. Or, ces zones sont laissées de côté. L’État n’a défini aucune stratégie pour les traiter. Les efforts se concentrent ailleurs, laissant ces espaces sans réponse. Une vraie faille dans le dispositif de lutte. Le rapport parle d’une « vraie déficience de l’État » pour enrayer durablement le phénomène. Sans action ciblée sur les vasières, la machine à proliférer continue de tourner.

La justice a également son mot à dire. En mars 2025, le tribunal administratif a sommé le préfet de Bretagne de prendre, sous dix mois, toutes les mesures nécessaires pour réduire les pollutions agricoles sur l’ensemble de la région. Puis, en juin 2025, la cour d’appel administrative de Nantes a reconnu la responsabilité de l’État pour ses carences dans l’application de la réglementation européenne. Ces décisions judiciaires ne remplacent pas une action politique. Mais elles montrent que l’inaction a un prix. Le rapport insiste : sans évolution du modèle agricole dominant, notamment autour de la baie de Saint-Brieuc, les plages bretonnes continueront de verdir chaque été.

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