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Le procès de l’ex-président centrafricain pour crimes contre l’humanité s’ouvre enfin

L’ancien chef de l’État François Bozizé est jugé à partir de mardi par la Cour pénale spéciale pour des atrocités commises entre 2009 et 2013. Il est…

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Le procès de l’ex-président centrafricain pour crimes contre l’humanité s’ouvre enfin

L’ancien chef de l’État François Bozizé est jugé à partir de mardi par la Cour pénale spéciale pour des atrocités commises entre 2009 et 2013. Il est accusé d’avoir laissé sa garde torturer, violer et tuer des civils dans une prison et un camp militaire du centre du pays.

C’est un tournant judiciaire pour la Centrafrique. Neuf ans après la création de la Cour pénale spéciale, un ancien président de la République se retrouve dans le box des accusés. François Bozizé, 79 ans, est poursuivi pour crimes contre l’humanité. Les faits remontent à son règne. Entre 2009 et 2013, dans la localité de Bossembélé, des détenus et des civils auraient subi l’enfer dans une prison civile et un centre d’instruction militaire. La justice estime que ces actes ont été commis par la garde prétorienne de Bozizé et par d’autres services de sécurité. Meurtres, disparitions forcées, tortures, viols. L’instruction a conclu à des indices graves et concordants contre l’ex-président, en tant que supérieur hiérarchique et chef militaire.

Trois de ses anciens hauts responsables militaires sont aussi jugés dans ce procès, surnommé celui de Bossembélé. Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy sont déjà en détention en Centrafrique. Bozizé, lui, ne sera pas dans la salle. Il vit exilé en Guinée-Bissau depuis mars 2023 et la Cour pénale spéciale a lancé un mandat d’arrêt international contre lui en février 2024. Ce n’est pas la première fois que la justice centrafricaine le condamne. En septembre 2022, il a été puni aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle à la tête de la rébellion de la Coalition des patriotes pour le changement.

Le parcours de François Bozizé raconte une partie de l’histoire chaotique du pays. Ancien chef d’état-major, il prend le pouvoir par un coup d’État en 2003. Élu ensuite, il gouverne dix ans dans une instabilité permanente. En 2013, il est renversé par la rébellion Séléka. Ce coup d’État plonge la Centrafrique dans l’une des guerres civiles les plus meurtrières du continent. Pour tenter de reprendre le pouvoir, Bozizé organise alors les milices anti-balakas. Des milliers de civils sont tués. L’ONU a accusé les deux camps de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en 2018. Aujourd’hui, ce procès est le sixième de la Cour pénale spéciale. Il marque une étape cruciale pour cette juridiction hybride créée sous l’égide des Nations unies pour juger les pires exactions commises en Centrafrique depuis 2003.

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