Monde
La vie d’un homme en ruines après l’annonce de la paix à Nabatiyé
Kamal Kamal a passé des décennies à bâtir son café. Il ne reste que des gravats.


Kamal Kamal a passé des décennies à bâtir son café. Il ne reste que des gravats.
Lundi, à Nabatiyé, la grande ville du sud du Liban, Kamal Kamal a couru vers son quartier dès l’annonce d’un accord pour arrêter la guerre. Il voulait retrouver son commerce, le « Café Kamal », ouvert dans les années 1970 quand il était encore jeune. Mais en arrivant, il n’a trouvé que des ruines. Les bombes israéliennes ont tout rasé. Sa boutique, ses entrepôts, la rue entière. Le vieil homme, appuyé sur sa canne, n’a pas pu retenir ses larmes. « Quel gâchis, c’est une vie entière qui est perdue », a-t-il dit, essuyant ses yeux avec un mouchoir en papier.
La ville de Nabatiyé, qui comptait près de 90 000 habitants avant le conflit, a été pilonnée sans relâche par l’armée israélienne. La semaine dernière, les bombardements se sont intensifiés et l’ordre d’évacuation a été donné à toute la population. Lundi, un accord négocié par les États-Unis et l’Iran a été annoncé pour mettre fin à la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Beaucoup de déplacés sont alors revenus. Ils ont découvert des scènes de désolation. Le souk couvert du centre s’est effondré. Des habitations entières sont réduites en poussière. Sur les grandes artères, des engins de chantier déblaient les décombres pour laisser passer les gens.
Rana Nasrallah, 45 ans, fait partie de ceux qui sont rentrés sans attendre le feu vert des autorités. Elle regarde l’amas de gravats qui était sa maison. Des vêtements, des matelas et des pots de fleurs cassés dépassent des débris. « Nous avons grandi dans ce quartier. On jouait ici enfants, les femmes âgées s’asseyaient là pour discuter », se souvient-elle. Pour elle, l’armée israélienne a cherché à effacer les repères de la ville, notamment le souk traditionnel, cœur historique de Nabatiyé. Malgré tout, elle affirme que respirer l’air de sa ville, même détruite, « apporte du baume à l’âme ». Elle assure que les habitants vont reconstruire. « On ne pouvait plus attendre davantage », dit-elle.
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