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Deux ex-responsables marocains condamnés à 10 et 12 ans pour trafic de drogue

L’ancien patron du Wydad Casablanca Saïd Naciri et l’ex-président de région Abdennabi Bioui écopent de lourdes peines dans le dossier retentissant du…

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Deux ex-responsables marocains condamnés à 10 et 12 ans pour trafic de drogue

L’ancien patron du Wydad Casablanca Saïd Naciri et l’ex-président de région Abdennabi Bioui écopent de lourdes peines dans le dossier retentissant du « Pablo Escobar du Sahara ». C’est la première fois qu’une affaire de stupéfiants touche d’aussi hautes figures politiques au Maroc.

La justice marocaine a rendu son verdict ce jeudi dans une affaire qui secoue le pays depuis deux ans. Saïd Naciri, ex-président du célèbre club de foot Wydad Casablanca, a été condamné à 10 ans de prison. Abdennabi Bioui, ancien président du Conseil régional de l’Oriental, écope lui de 12 ans. Tous deux étaient jugés pour détention, commercialisation et exportation de drogue, mais aussi pour corruption et falsification de documents.

L’affaire a éclaté grâce aux révélations d’Ahmed Ben Brahim, un trafiquant malien surnommé « Escobar du Sahara ». Incarcéré au Maroc depuis 2019 pour trafic international, il a accusé les deux hommes de l’avoir aidé à faire passer de la drogue vers l’Afrique du Nord et le Sahel à partir de 2013. Il leur reproche aussi de lui avoir volé une villa de luxe à Casablanca. Pendant tout le procès, Naciri et Bioui ont nié les faits, qualifiant les accusations de « mensonges ». Leurs avocats ont souligné l’absence de preuves matérielles et dénoncé une instruction reposant uniquement sur la parole d’un criminel.

À l’audience, l’émotion était à son comble. Les sanglots des proches des prévenus, une vingtaine de personnes, ont rendu presque inaudible la lecture des peines. Un accusé a toutefois été acquitté des charges de falsification de registre public. Son avocat, Abderrahim Saidi, a confié son soulagement après plus de deux ans de procès éprouvants. Les deux hommes condamnés, anciens cadres du parti Authenticité et Modernité, membre de la coalition au pouvoir, sont derrière les barreaux depuis fin 2023. Interrogés sur leur fortune de plusieurs millions d’euros, ils ont assuré qu’elle provenait d’activités légales. Le parquet, lui, a estimé que les éléments du dossier confirmaient leur culpabilité.

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