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L’été assèche les nappes phréatiques, deux tiers sont déjà sous les normales

Les vagues de chaleur vident les réserves d’eau souterraines. La France entière retient son souffle en attendant la pluie.

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L'été assèche les nappes phréatiques, deux tiers sont déjà sous les normales

Les vagues de chaleur vident les réserves d’eau souterraines. La France entière retient son souffle en attendant la pluie.

Les vagues de chaleur se succèdent et les réserves d’eau souterraines s’épuisent. Au 1er août, 94% des nappes phréatiques métropolitaines étaient en baisse, selon le Bureau de recherches géologiques et minières. Surtout, 63% d’entre elles se situaient sous les normales, contre 54% un mois plus tôt. La carte se colore progressivement en orange, comme le résume un hydrogéologue du BRGM, avec des niveaux de plus en plus bas.

Le mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré en France. Il a aussi été l’un des plus secs, avec un déficit de précipitations proche de 70%. La chaleur s’est installée du 4 au 19, puis est revenue dès le 28. Pendant ce temps, les besoins en eau de l’agriculture et du tourisme ont grimpé. Résultat, la vidange des nappes s’est fortement accélérée. L’hiver avait pourtant bien rempli les réservoirs. C’est probablement ce qui évite une situation encore plus dramatique. En 2022, à la même époque, 73% des nappes étaient sous les normales. On n’y est pas encore, mais l’écart se resserre. Surtout, les records locaux tombent. En Dordogne, le niveau le plus bas jamais vu a été atteint avec un mois d’avance.

Partout, le constat est contrasté. Les nappes du pourtour méditerranéen restent dans un état satisfaisant. En revanche, la Lorraine, la Charente et l’est du Massif central souffrent. Les nappes du socle limousin et les calcaires de la Côte des Bar sont au plus bas. Et les nappes ne sont pas les seules à tirer la langue. Les sols atteignent des niveaux de sécheresse records, et les petits cours d’eau aussi. Ce qui inquiète les spécialistes, c’est la répétition des épisodes secs. Après 1976, les années 1989-1991, puis 2022-2023, voilà que l’histoire se répète, avec des crises de plus en plus rapprochées.

Pour les semaines à venir, le BRGM se montre prudent. Les prévisions sont incertaines, entre optimisme pour la Beauce et pessimisme pour le Limousin et le Grand-Est. Une chose est sûre, il faudrait qu’il pleuve vite et que les températures chutent pour changer de trajectoire. Mais avec la canicule annoncée, l’espoir est mince. Et même si des pluies arrivent, elles seront d’abord captées par les sols et la végétation assoiffés, pas par les nappes. En attendant, les restrictions se multiplient. Près de 70% du territoire est concerné, et plus de 30.000 habitants de 80 communes doivent être approvisionnés en eau potable par camion-citerne ou bouteilles. Les autorités rappellent que la meilleure arme reste la sobriété, en évitant de prélever l’eau inutilement.

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