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Des touristes dans les bus parisiens, un été entre selfies et grogne

Paris se découvre en autobus tout ce qu’il y a de plus banal. Les touristes adorent, certains habitants grognent, et les lignes n’ont jamais été aussi…

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Des touristes dans les bus parisiens, un été entre selfies et grogne

Paris se découvre en autobus tout ce qu’il y a de plus banal. Les touristes adorent, certains habitants grognent, et les lignes n’ont jamais été aussi lentes.

Pas besoin de bateau-mouche ni de voiture avec chauffeur. Paris se visite aussi en bus de ligne, et en août, c’est une attraction à part entière. Au pied de l’arc de Triomphe du Carrousel, les voyageurs débarquent par grappes, téléphone en avant, pour capturer la pyramide du Louvre. On y parle toutes les langues, on s’arrête au milieu du trottoir, on s’émerveille. Les Parisiens, eux, sont ailleurs.

Sur la ligne 39, qui serpente de Montparnasse à Saint-Germain-des-Prés avant de traverser la Seine, Jess Becker, étudiante néerlandaise, profite du trajet pour jauger la ville. Elle paie son billet directement avec son téléphone et trouve ça très pratique. « Ce qui est le plus surprenant, c’est de voir à quel point cette ville est grande », glisse-t-elle. Les bus d’août ne sont pas tous climatisés, mais ils restent plus supportables que pendant le reste de l’année.

Pour certains habitants, l’été n’a pourtant rien de reposant. Corinne, une sexagénaire croisée sous la butte Montmartre, ne cache pas son exaspération. « Maintenant c’est une horreur, il y a des touristes partout dans les bus », lâche-t-elle. Elle dénonce aussi ces voyageurs qui s’installent sur les sièges prioritaires, réservés aux personnes âgées. Le simple trajet devient une épreuve de patience.

Les visiteurs, eux, se heurtent à un système de transports pas toujours simple à comprendre. Ingmar Janssen, étudiant en informatique venu des Pays-Bas, a payé deux fois le même trajet en validant à la montée puis à la descente, comme il le fait chez lui. Il a aussi découvert, un peu dérouté, qu’un ticket de bus ne permet pas d’emprunter le métro. Côté tarifs, c’est un labyrinthe. Le billet le moins cher, à 1,64 euro, exige un forfait Liberté+ réservé aux habitants avec une adresse francilienne et un prélèvement automatique. Sans cette option, il faut débourser 2,05 euros via les sites des opérateurs, ou 2,55 euros en payant par téléphone ou avec une carte bancaire à bord, sans correspondance.

Ces paiements embarqués sont en train d’arriver partout. Les bornes dédiées seront installées sur tous les bus de Paris et de la proche banlieue jusqu’au 1er novembre. Une bonne nouvelle pour les touristes, qui n’ont pas toujours de billet papier. La ligne 85, elle, les accueille à bras ouverts. Son parcours traverse les puces de Saint-Ouen, Montmartre, le quartier de Barbès, puis descend vers le Louvre et Châtelet. Un vrai musée à ciel ouvert. Son chauffeur sourit en voyant des voyageurs du monde entier, en toute saison.

Reste un gros point noir, la lenteur. L’association d’usagers Fnaut souligne que la vitesse des bus parisiens est tombée à 9,5 km/h aux heures de pointe. Autant dire deux fois plus vite qu’un piéton, mais pas de quoi rivaliser avec un vélo. La ligne 85 illustre ce déclin. Elle accueillait en moyenne 13.200 voyageurs par jour en 2019, contre 7.700 en semaine et 8.200 le samedi en 2025. Pourtant, la demande touristique, elle, ne faiblit pas. Alors en attendant des bus plus rapides, Paris se contemple depuis la fenêtre, à petite vitesse, et c’est peut-être ça aussi, l’été.

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