Société
Des pédiatres utilisent l’IA pour mieux parler aux enfants et aux familles
Une expérimentation inédite au CHU de Montpellier teste l’intelligence artificielle aux urgences pédiatriques. Le premier bilan est encourageant, mais les…


Une expérimentation inédite au CHU de Montpellier teste l’intelligence artificielle aux urgences pédiatriques. Le premier bilan est encourageant, mais les médecins rappellent que la machine ne remplace pas l’humain.
Depuis plusieurs mois, les docteures Edme et Lormeau testent un assistant d’intelligence artificielle dans leur service d’urgences pédiatriques. L’idée était simple : utiliser l’IA pour rédiger des comptes-rendus et des courriers adaptés à chaque patient. Une partie des 120 familles participantes a reçu des documents classiques, l’autre a bénéficié de versions réécrites automatiquement. Le résultat ? Les médecins jugent l’essai très positif. L’outil transforme les termes médicaux en langage courant, et même en phrases accessibles dès l’âge de sept ou huit ans. « Nous faisions déjà de notre mieux pour bien communiquer, mais l’IA nous apporte un soutien supplémentaire », explique Barbara Lormeau. « Elle ne remplace pas notre travail, elle l’améliore », ajoute sa collègue Eléonore Edme.
Ces tests font partie d’un projet beaucoup plus large baptisé « Alliance Santé IA », porté par le CHU de Montpellier et financé à hauteur de 14,9 millions d’euros par le plan France 2030. L’objectif est d’intégrer l’intelligence artificielle dans toutes les activités de l’hôpital, des soins à la recherche en passant par l’administration. Plusieurs outils ont déjà été développés en interne, dont un assistant conversationnel comparable à ChatGPT mais connecté aux données validées de l’établissement. Ce système peut synthétiser les antécédents d’un patient, rédiger des ordonnances ou des comptes-rendus en quelques secondes. Près de 200 utilisateurs pilotes, médecins, infirmiers et personnels administratifs, le testent déjà en conditions réelles. Un déploiement plus large est prévu à partir de septembre, progressivement et selon les besoins de chaque service.
Les deux pédiatres restent toutefois vigilantes. Elles insistent sur la nécessité d’une relecture humaine pour éviter une simplification excessive ou un manque de nuance. « L’IA nous aide à affiner nos pratiques, mais les médecins doivent toujours être capables de vérifier, corriger et encadrer son usage », rappellent-elles. Le professeur David Morquin, qui pilote ce projet de transformation, soulève aussi la question de la protection des données. Il assure que les informations sensibles des patients ne franchissent pas les murs de l’institution. L’enjeu, selon lui, est de créer une IA utile à l’hôpital tout en restant compatible avec les valeurs du soin. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, voit dans cette expérimentation une étape clé pour un système de santé plus innovant et plus équitable. Mais les médecins le disent eux-mêmes : l’outil ne fera pas tout. Les métiers évolueront, de nouvelles compétences émergeront, et la responsabilité humaine restera au centre.
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