Société
Le chef de la junte birmane à Pékin pour renflouer les caisses
Le président birman Min Aung Hlaing est arrivé à Pékin pour une visite de cinq jours. Il cherche à resserrer les liens économiques avec la Chine…


Le président birman Min Aung Hlaing est arrivé à Pékin pour une visite de cinq jours. Il cherche à resserrer les liens économiques avec la Chine, principal soutien de son régime isolé.
Depuis qu’il a pris le pouvoir par un coup d’État en 2021, Min Aung Hlaing navigue dans une guerre civile dévastatrice et une forte défiance internationale. La Birmanie, autrefois destination phare des investisseurs, s’est retrouvée exsangue. Aujourd’hui, son dirigeant multiplie les déplacements à l’étranger pour sauver ce qui peut l’être. Après l’Inde, c’est donc vers la Chine qu’il se tourne. Pékin n’est pas un partenaire comme les autres : 2 100 kilomètres de frontière commune, des investissements massifs et une aide militaire discrète mais réelle.
Mais les relations bilatérales se sont tendues ces derniers temps. En cause, l’explosion des centres d’escroquerie en ligne dans les zones frontalières. Des réseaux criminels y recrutent de force des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux Chinois, pour les faire participer à des arnaques aux cryptomonnaies. Pour tenter de calmer Pékin, la junte a fait adopter un projet de loi choc : la peine de mort pour ceux qui séquestrent ou contraignent des victimes à travailler dans ces centres. Un geste fort, mais qui ne suffira pas à effacer les tensions.
La Chine, de son côté, joue un jeu subtil. Elle soutient à la fois l’armée birmane, certains groupes rebelles et des trêves ponctuelles, le tout au gré de ses intérêts sécuritaires et économiques. Elle a même cautionné les élections truquées de décembre et janvier, qui ont permis à Min Aung Hlaing de se faire élire président dans un simulacre démocratique. Ce voyage, entamé par une visite de la Cité aérospatiale de Pékin, est avant tout une affaire de survie économique. La Birmanie est devenue l’un des premiers fournisseurs mondiaux de terres rares, ces minerais indispensables aux technologies vertes chinoises. Min Aung Hlaing mise tout sur cette carte.
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